‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 40 sur 83 · TRAITEMENT NON OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT NON OPÉRATOIRE

longemenl exact de l'orifice tubaire (face antérieure)

— il pénètre jusque dans l'antre etles cellules voisines dont il chasse le liquide. L'eau pénétrera moins facilement, non pas dans la caisse, mais dans l'antre, gonflera la muqueuse, et ce gonflement obstruera davantage le défilé de l'aditus. Donc le liquide ne force guère le canal de l'antre, si bien que Politzer attribue au lavage de bons résultats « bien que dans la plupart des cas il n'existe pas de communication entre l'abcès de l'apophyse et l'antre. » N'ous pensons même que, si on forçait, le passage, le liquide ne saurait avoir assez de courant pour laver bien les cellules, tandis qu'incontestablement après la douche d'air les cellules se vident par le canal temporairement dilaté.

Lorsque il y a déjà des phénomènes plus marqués du côté de l'apophyse, douleurs spontanées et à la pression, rougeur et gonflement de la peau, léger degré de périostite, on peut par la douche d'air arrêter la marche de la complication. On y joindra avec lïuil l'application sur la région mastoïdienne de sachets de glace, on fera la réfrigération avec le tube de Leiter. On pourra combattre la douleur par l'application de sangsues à la pointe de l'apophyse. La sangsue de Horteloup a donné de bons résultats. On se gardera dr< vésicatoires dont les résultats thérapeutiques sont douteux el qui ont le grave inconvénient d'infecter le champ opératoire si une

intervention ultérieure est jugée nécessaire. Nousen dirons autant des pointes de feu (1).

11 reste bien entendu que l'on ne perd pas de vue,

pendant tout ce temps, l'étal de la membrane du tympan, que la perforation est maintenue béante et qur si quelque granulation vienl faire hernie par son orifice on l'enlève au serre-nœud ou à la curette.

Malgré tout la mastoïdite peut évoluer, et l'abcès sous-périostique se former, ce qui est indiqué à l'extérieur par un gonflement plus circonscrit, par de l'œdème, et à l'intérieur du conduit par le même phénomène, qui se traduit par la chute de la paroi postéro-supérieure du conduit.

A ce degré, il est rare qu'on puisse voir rétrocéder les accidents par les moyens simples que nous avons énoncés : il faudra se préparera pratiquer la trépanation de l'apophyse mastoïde.

II. Tképanation de l'apophyse. — Nous avons déjà dit ce que nous pensons de l'incision de Wilde : elle sera presque toujours inutile, le plus souvent dangereuse, puisqu'elle donne une fausse sécurité au malade et au médecin. Celui qui admettra, comme nous, qu'il n'y a que rarement des périostites phlegmoneuses qui ne soient l'expression d'une inflammation osseuse, fera toujours sagement, les parties molles ayant été sectionnées ainsi que le périoste, de cher-

(4) Conseillées par La coarret, Afin, de lapolicl. de Bordeaux, 1889, p. 0 ; par Manière, Gaz. des hôp., 28 fév. 1889, p. 228.

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