‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 41 sur 83 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

cher sur la corticale le point osseux malade, et s'il n'en trouve pas, de la perforer suivant les règles, certain qu'il est de trouver dans les cellules la cause dt^ accidents.

Les progrès de la chirurgie permettent d'ailleurs de pratiquer cette opération sans faire courir de risques au malade, et elle est entrée aujourd'hui dans la pratique courante de l'otologie.

Mais il n'en a pas toujours été de même, et on peut dire que peu d'interventions ont subi plus d'alternatives d'enthousiasme et de dénigrement.

La première idée de l'ouverture opératoire de l'apophyse mastoïde est due à l'anatomiste Jean Riolan (1649), qui la proposa pour améliorer l'audition en cas d'obstruction de la trompe. Le premier qui l'ait pratiquée pour une mastoïdite est Jean-Louis Petit.

En même temps que Petit, Morand lit la trépanation avec succès pour un cas de carie de l'apophyse. Il ouvrit même un abcès sous-dural.

Jasser, chirurgien militaire prussien, la pratiqua plusieurs fois avec succès vers cette même époque, non seulement pour tarir les suppurations, mais pour améliorer l'audition. Les communications de Jasser éveillèrent à ce point de vue les espérances les plus trompeuses. On considéra l'opération comme le remède radical de la surdité H elle fui pratiquée un peu partout. Mais plusieurs cas de uiorl

120 TRÉPANATION DE L AI'Ol'HY8E

Furent publiés, et les otologistes [tard, Bonnafond, Wilde , entrant dansune réaction fâcheuse, la condamnèrent dans tous les cas. Cependant Toynbee, ([ni (railleurs ne la pratiqua jamais, la tenait pour indiquée dans les cas de rétention de pus.

A la lin de 1800, Forget, de Strasbourg et von Trœltsch al tirèrent de nouveau l'attention sur elle et, timidement, quelques observations éparses furent relatées. Mais c'est surtout à Seliwartze (de Halle) que la trépanation de l'apophyse mastoïde doit la place qu'elle occupe en otologie, et il est à remarquer que toutes les modifications opératoires, que la plupart des tentatives qui ont eu pour résultat de nous (aire mieux connaître et pratiquer cette intervention sont dues aux élèves de ce maître (Eyssel, Kisselbach, Kretschmann, Stacke).

En France, jusqu'à ces dernières années, la question ne fut guère étudiée ; on n'avait guère mis à profit les travaux faits en Allemagne par Schwartze et ses élèves, par Hartmann (Berlin), par Zuckerkandl, Bezold, Politzer, lorsque, en 1888, cette étude fut reprise par le professeur S. Duplay (1) qui, dans une remarquable revue critique, nous a fait connaître les données anatomiques et opératoires sur lesquelles nous devions dorénavant fonder nos interventions. Plus récemment, nous avons à signaler un intéres-

l S. Di play, Arch. gën. deméd., mai et juin 1888, p. 586 et 719.

Page 1