INCISION DES PARTIES MOLLES
crainte nous paraît chimérique. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que sur 143 opérations nous n'avons jamais ouvert le sinus. Nous nous rangeons donc absolument à l'avis du professeur S. Duplay, qui conseille de diriger l'instrument a parallèlement à la paroi postérieure du conduit ».
La description du procédé opératoire — qui dérive directement de celui de Schwartze — par lequel, dans notre pratique personnelle, nous ouvrons l'antre mastoïdien, va nous permettre de passer une fois de plus en revue les principaux faits sur lesquels nous venons de nous appesantir.
Nous allons d'abord donner le procédé typique, celui qui convient au cas où il n'y a pas d'abcès rétroauriculaire, celui où on doit aborder opératoirement une couche corticale partout saine.
1° Incision des parties molles. — Le champ opératoire étant rasé sur une assez grande étendue et désinfecté suivant les procédés ordinaires, on fait dans le sillon rétro-auriculaire, à 1 ou 2 millimètres en arrière de lui, une incision qui part de la pointe de l'apophyse et se dirige de bas en haut jusqu'au niveau de la linea temporalis, crête osseuse située un peu au-dessus du bord supérieur de l'orifice externe du conduit, ligue qui est le prolongement de La racine postérieure de l'apophyse zygomatique. Cette ligne est toujours facile à sentir chez l'homme, elle répond à la suture de la portion mastoïdienne el de
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la portion écailleuse du temporal. Profondément, dans l'épaisseur de l'os, elle est généralement placée au-dessous de la fosse cérébrale moyenne, quelquefois au niveau même de cette fosse cérébrale moyenne et très rarement au-dessus. Elle servira donc de limite en haut au champ opératoire.
L'incision doit comprendre les parties molles et le périoste.
De l'extrémité supérieure de L'incision partira une autre incision dirigée en arrière, perpendiculaire à la première et longue de deux centimètres environ. Ces deux incisions limitent entre elles un lambeau angulaire qui sera soulevé à la rugine et décollé de l'os de haut en bas el d'avant en arrière, de façon à mettre à nu toute la corticale de l'apophyse mastoïde et le bord postérieur du méat osseux. L'hémorrhagie est en général peu abondante parce que, en procédant ainsi, on ne coupe pas de vaisseaux importants. L'écoulement de sang provenant des veinules ou des artérioles s'arrêtera de lui-même dès qu'on aura bien soigneusement détaché le périoste de l'os sous jacent ; il reste à mettre quelques pinces à forcipressure qui, maintenues sous des compresses aseptiques, serviront en outre à récliner automatiquement le pavillon et le lambeau. Dans le procédé de Schwartze, il n'y a qu'une incision, qui est faite en pleine apophyse, à un centimètre en arrière du sillon rétro- auriculaire et parallèle