‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 52 sur 83 · OUVERTURE DE LA CAISSE · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE LA CAISSE

canal de l'antre : c'est cette partie externe qu'il s'agit de faire sauter, pour faire largement communiquer la cavité qu'on vient de creuser avec la caisse, pour transformer en tranchée le tunnel de l'aditus.

Pour cela, en se guidant sur la direction du stylet ou du protecteur qui reste en place dans l'aditus pendant tout ce temps de l'opération, on creuse, de dehors en dedans, une tranchée qui va pour ainsi dire à la rencontre du stylet. La limite supérieure doit à peine dépasser la ligne temporale : la limite inférieure ne doit pas aller plus bas que le point de rencontre entre la moitié inférieure et la moitié supérieure du conduit auditif externe : cette dernière limite étant nécessaire pour la protection du facial qui, s'élant coudé une dernière fois entre la fenêtre ovale et le canal demi-circulaire transverse, descend dans la moitié inférieure de la paroi du conduit auditif pour se porterai! trou stylo-mastoïdien.

La tranchée étant poussée jusque sur le protecteur, celui-ci est libéré : on le fait sortir entre le pan supérieur et le pan inférieur et dans le fond, à la place qu'il occupait, on voit une éminence, le canal semicirculaire transverse que le stylet protégeait pendant l'ouverture de la tranchée. La caisse et l'antre forment dès lors deux cavités réunies par l'aditus, comme les deux boules réunies parla branche transversale d'une haltère.

On nettoie la caisse avec la longue curette spéciale,

BROGA ET LUBET-B.MW.'iN 10

L46 TRÉPANATION DE L'APOPHYSE ET DE LA CAIsM

on enlève les restes des osselets ; on curette tous les coins de cette anfractuosité, on amortit les angles de la tranchée, on fait communiquer entre elles les cavités cellulaires de l'apophyse, et l'opération osseuse est terminée.

Pendant toute la durée de l'opération, on assure l'hémostase, de façon à toujours agir en y voyant clair, en étanchant le sang au fur et à mesure avec des lanières de gaze sèche et aseptique à l'aide desquelles on tamponne pour quelques instants.

Reprenant alors les parties molles, on fend le conduit cutané sur toute sa longueur, jusqu'au méat membraneux, selon sa ligne supérieure, et on va s'en servir pour tapisser et cutaniser la plus grande partie possible de la cavité osseuse que l'on vient d'ouvrir. Pour cela on l'étalé et on fixe chacun de ses angles par un point de suture à la partie correspondante de la plaie postérieure (1). Le tamponnement va assurer l'application exacte des lambeaux.

Ce tamponnement est fait avec une mèche de gaze iodoformée ou salolée que l'on introduit par le conduit avec la pince de Lister, et que l'on reprend par la plaie postérieure de façon à la conduire jusque

(1) A. af Forsklles (Arch . f. Ohrenh, 1894. t. XXXVI, fasc. 3, p. 145) conseille d'introduire dans la cavité un lambeau taillé aux de'pens de la lèvre externe de l'incision rétro-auriculaire — Kbetschmann ibid.i t. XXXVII, fasc. l el -. p. 25), indique un autre procédé autoplastique, où il prend deux lambeaux sur la peau rétro-auriculaire.

Page 1