‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 53 sur 83 · PANSEMENT. — CICATRISATION · texte numérisé non relu

PANSEMENT. — CICATRISATION

dans la caisse. Cette mèche est assez serrée. Puis on en introduit une seconde, moins serrée, par la plaie rétro-auriculaire dont on a suturé les deux extrémités.

Les autres pièces de pansement u'ont rien de spécial. Le pansement est renouvelé, sauf indication particulière, au 8e jour. Puis il est fait tous les 2 à 3 jours, en ayant toujours soin de tamponner la caisse par le conduit, de façon à ne pas laisser ce conduit se rétrécir. En outre, on curette ou on cautérise les bourgeons charnus souvent exubérants.

Il faut savoir que la guérison demande plusieurs mois, pendant lesquels des pansements répétés sont nécessaires. Si l'épidermisation est lente à se faire, on peut l'activer par des pansements humides, faits en introduisant une mèche de coton imbibée de solution de sublimé à 1/2000.

Lorsque la suppuration est devenue à peu près nulle, on emploie les instillations d'alcool borique (1).

La guérison a lieu soit par culanisation de la caisse et cicatrisation rétro-auriculaire ; soit par cutanisation de la caisse, de l'aditus et de l'antre, d'où une vaste cavité non suppurante qui s'ouvre en arrière de l'oreille (obs. VII, XXX, XXXI, L, LXll).

Nous avons cru, d'abord, que le premier mode de guérison était le plus favorable: c'est en effet celui

{{) E. Wkisiiann, Bull, et Mthn. de la Soç. franc, d'otol., etc.

Paris, 1894, p. 2o9.

I |S TRÉPANATION DE i/APOPHYSE ET DE LA CAISSE

qui respecte le mieux les formes extérieures. Après guérison, la cicatrice est aussi peu apparente que celle d'une trépanation simple de l'apophyse et chez quelques malades c'est tout au plus si une légère dépression témoigne de la profondeur à laquelle on a évidé l'os. D'autre part, il est certain que l'on obtient ainsi des succès complets, parfois même d'une rapidité remarquable. Mais l'atrésie du conduit, malgré tout le soin avec lequel sont faits les tamponnements, n'est pas toujours facile à éviter. Plusieurs fois nous avons cru que les malades étaient guéris : mais au bout d'un temps variable sont revenues des douleurs, et après avoir dilaté le conduit nous avons donné issue à quelques gouttes de pus. Si l'on ne tamponne pas le conduit à fond, jusque dans la caisse, pendant des mois et des mois, la cure se trouve entravée par la rétraction cicatricielle du conduit.

Aussi sommes-nous peu à peu arrivés à maintenir déplus en plus ouvert l'orifice rétro-auriculaire, en étalant largement le conduit sectionné en arrière. Nous avons en effet constaté chez plusieurs de nos anciens opérés que ce mode de cicatrisation, avec une vaste cavité rétro-auriculaire, n'avait aucun inconvénient, ainsi qu'on s'en rendra compte par l'observation suivante, relative à un enfant opéré depuis plus de deux ans. L'ouïe est abolie du côté opéré, mais ce n'est pas constant, et d'ailleurs nous n'avons pas constaté qu'elle fût en moyenne moins altérée

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