‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 55 sur 83 · MODE DE CICATRISATION · texte numérisé non relu

MODE DE CICATRISATION

la fuis par le conduit auditif externe et par la fistule. Il y a 3 ans, la surdité qui augmentait progressivement s'établit entièrement. Comme traitement, injections avec de l'infusion de feuilles de noyer.

Aucune amélioration n'apparaissant malgré des traitements dirigés successivement par divers spécialistes, la malade vient consulter à l'hôpital Trousseau.

Il existe : 1° Une fistule derrière la partie tout à fait supérieure du sillon rétro-auriculaire, fistule admettant juste le stylet qui s'enfonce profondément et rencontre un os rugueux et dénudé.

2° A deux centimètres en arrière du sillon rétro-auriculaire, une cicatrice.

3° Une otorrhée abondante.

4° Des polypes de la caisse.

18 novembre 1893. — Incision dans le pli rétro-auriculaire. Il existe au-dessus de la mastoïde une cavité pleine de fongosités, d'environ 1 centimètre de diamètre. Après curettage, le conduit cutané est décollé: une mince lamelle osseuse le sépare encore de cette cavité. Ce mur est enlevé au ciseau et au marteau, après introduction du protecteur jusque dans la caisse.

Curettage de la caisse qui contient d'abondantes fongosités au milieu desquelles on trouve un reste de l'enclume et le manche du marteau adhérent ace qui reste de la membrane du tympan. Au-dessous de la cavité sus-mastoïdienne, on entre dans les cellules mastoïdiennes contenant des fongosités: oq fait sauter à la gouge les parties osseuses qui les recouvrent et on fend jusqu'à la conque la partie cutanée du conduit.

Tamponnement à la gaze iodoformée, surtout par le conduit.

±{) novembre. — Pansement, on constate de la paralysie faciale gauche. A partir <le ce moment, la malade a été pansée

très régulièremenl deux fois par semaine. Le conduit, fendu jusqu'à la conque, est resté largement béant, et l'orifice rétroauriculaire également. Aussi a-t-il été très facile de tamponner jusqu'au fond, et la suppuration a toujours été très faible.

Vers la fin de janvier, L'épidermisation a commencée s'étendre d'une manière notable sur les bourgeons charnus qui tapissaient la cavité osseuse. A cette date, la paralysie faciale s'était améliorée ; la joue était moins flasque et le segment gauche de lèvre était plus mobile ; les paupières gauches ne se ferment pas.

f) février. — L'épidermisation de la cavité a fait de grands progrès ; suppuration à peu près nulle. Le pansement ne sera plus fait que tous les 8 jours.

24. — L'épidermisation continue. La paralysie faciale persiste.

6 mars. — L'épidermisation est achevée, et la cavité est seulement soumise à des instillations quotidiennes d'alcool borique.

Après avoir suivi la malade et constaté pendant plusieurs semaines que la cicatrisation se maintenait, le 19 mai 1894 après injection sous-cutanée de 1 centigramme de chlorhydrate de cocaïne, j'ai avivé circulairement les lèvres de l'orifice rétroauriculaire, mobilisé la 1/2 circonférence postérieure, en la décollant à la rugine de l'os auquel elle adhérait; cela fait, j'ai suturé les deux lèvres derrière le pavillon, en ligne verticale. Au 8e jour, ablation des fils; réunion immédiate.

Depuis ce moment, la malade a été revue très souvent, et le résultat s'est maintenu. La seule trace apparente de l'opération est une cicatrice linéaire, blanche, souple, exactement cachée dans le sillon rétro-auriculaire. La paralysie faciale persiste, mais très atténuée : les paupières se ferment bien et la déviation de la bouche n'est plus appréciable que lorsque la malade parle janvier 1895;.

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