‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 76 sur 83 · VALEUR DE L'OPÉRATION DE STAGKE · texte numérisé non relu

VALEUR DE L'OPÉRATION DE STAGKE

Et voici par où nous sommes ramenés à la chirurgie de l'apophyse : sur 33 cas, deux fois seulement, après constatation faite de visu de l'état de l'antre, Stacke lui-même a cru pouvoir s'en tenir à la simple ouverture de l'attique, sans ouverture de l'antre ! Le résultat principal de cette méthode opératoire aura donc été de démontrer péremptoirement que presque toujours la mastoïde, même quand à l'examen clinique elle paraît parfaitement saine, participe aux lésions de l'attique. Personne n'en sera étonné si l'on réfléchit que l'aditus s'ouvre précisément dans l'attique, et c'est là, sans doute, un des motifs principaux pour lesquels les suppurations de l'attique sont particulièrement abondantes et rebelles.

Donc, deux fois seulement Stacke n'a pas ouvert l'antre en même temps que l'attique : et une fois il a eu à s'en repentir, car secondairement l'infection de l'apophyse a nécessité une intervention spéciale.

Cela étant, une objection vient immédiatement à l'esprit : pourquoi ne pas toujours ouvrir d'abord la mastoïde, l'antre en particulier, et aller de là dans l'attique ; pourquoi s'ingénier à rendre plus difficile une intervention en la prenant à l'envers, puisqu'aussi bien elle finira presque invariablement par être complétée?

L'objection serait valable si l'opération complète devait êlre constante, mais elle n'est que presque constante, et dès lors, dans les cas de ce genre où aucun

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symptôme ne permet d'aflirmer la participation de l'apophyse, nous devons tenter de guérir nos malades en 3 ou \ semaines au lieu de leur imposer à coup sûr les longs mois de traitement qu'exige en général la gué ri son d'une trépanation complète de la mastoïdite et delà caisse. Ces faits sont rares, mais ils existent, et nous citerons à l'appui les succès rapides de nos observations 1, LVII, LVIII, LIX (1).

En principe d'ailleurs, une opération chirurgicale est bonne lorsqu'elle part du connu pour aboutir au possible. 11 est vicieux, au contraire, de prendre comme point de départ une conséquence possible, probable même, d'une lésion connue qui devient ainsi le point d'arrivée. Cette seconde méthode n'es! recommandable que si la première est impraticable.

Or, considérée comme opération exploratrice, l'opération de Slacke a une grande valeur et comme, si l'on a quelque expérience de la chirurgie de l'oreille, elle se mène aisément à bien sans encombre, elle doit être conservée. Il eût été vraiment piquant que ses premières applications eussent précisément servi à démontrer que son invention était inutile !

Notre conclusion pratique est que les suppurations

(1) G. Gruenf.rt [Arch. f. Ohrenh., 1803, t. XXXV, p. 198, 23* publie 43 cas opérés par la méthode de Stacke à la clinique de Halle : avec la première série déjà publiée, il arrive à un total de 100 cas, avec TïS guéri sons. Contrairement à nous, il conseille de ne jamais s'en tenir à La mise à nu de l'attique. Son opinion est aussi celle de Panse {Arch.f. Ohrenh. t «892-93, t. XXXIV, p. 248 .

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