‹ Les Suppurations de l'apophyse mastolde et leur traitementChapitre 18 sur 76 · ABCÈS MASTOÏDIEN CERVICAL · texte numérisé non relu

ABCÈS MASTOÏDIEN CERVICAL

formait un abcès rétro-pharyngien qui dut être ouvert ; puis deux autres abcès, qui se collectèrent plus bas, furent incisés. Dans ce cas encore, la pression sur le cou augmentait l'écoulement par l'oreille.

Cette migration vers le cou est possible même dans les mastoïdites aiguës accompagnant les otites aiguës, et il en fut ainsi dans un cas rapporté par Moll en 1892 à la 3° réunion des otologistes belges : un homme de oO ans eut Tinfluen/aen décembre 1891 ; dix jours après une otite moyenne bilatérale, quinze jours plus tard un gonflement douloureux de la région mastoïdienne droite, bientôt étendu à la région rétro-maxillaire, et le 20 février il fallait trépaner Tapophyse et ouvrir Tabcès profond, après résection de la pointe de l'apophyse.

Nous mentionnerons encore une observation, avec mort par méningite et thrombose du sinus, publiée Tan dernier par H. Knapp (1) et où l'autopsie montra nettement une perforation de la face interne de l'apophyse.

Une autre variété de mastoïdite avec abcès cervical est représentée par l'observation de E. de Rossi, à laquelle nous avons déjà fait allusion dans notre étude anatomo-pathologique. Dans ce cas, présenté par l'auteur à l'Académie de médecine de Rome,lors-

(1) H. Knapp, Un cas de mastoïdite dite de Bezold, Zeitschr. f, Ohrenheilk., 1893, t. XXIV, p, 161.— Voy. aussi Pomkroy, d'après Ann. (lea mal. de /'or. cl du lar,^ 1888, t. XIV, p. 580.

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que Ton appuyait sur Tabcès cervical, le pus, collecté à la partie inférieure du cou, refluait par le conduit auditif externe, en remontant le long du faisceau vasculo-nerveux, en traversant le trou déchiré postérieur, en pénétrant ainsi dans un abcès sous-dural, puis en passant par une perforation de la paroi du sinus sigmoïde pour s'écouler dans Tantre mastoïdien et enfin dans la caisse du tympan. Si Ton préfère suivre la marche du pus dans le sens de son envahissement, on constate l'évolution suivante : otite moyenne, mastoïdite, perforation de la paroi osseuse du sinus latéral (gouttière sigmoïde), abcès sousdural ayant fusé au cou le long du paquet vasculonerveux après avoir franchi le trou déchiré postérieur. 11 est à noter que dans ce cas la membrane du tympan était restée intacte. La guérison fut obtenue par la trépanation de l'apophyse, l'évacuation de l'abcès sous-dural et de larges et profondes incisions au cou.

Dans nos observations personnelles,nous en avons une qui se rapporte peut-être à un abcès mastoïdien latéro-pharyngien (obs. VU ). C'est celle d'une fillette qui fut présentée à l'hôpital Trousseau avec une fistule mastoïdienne ; peu de jours après, elle fut prise d'accidents dyspnéiques et un abcès latéro-pharyngien fut ouvert par voie pharyngienne, pour parer aux accidents les plus pressés. Puis, le pus s'étant de nouveau amassé, les accidents reparurent ; alors

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la mastoîde fut trépanée, et, dans la même séance, l'abcès cervical fut largement ouvert par une incision parallèle au bord postérieur du sterno-mastoïdien. Le doigt introduit dans la poche alla jusqu'au pharynx, mais en se portant vers la face interne de la mastoîde il n\ sentit aucune dénudation, en sorte que nous n'oserons pas affirmer qu'il ne se soit pas iigi d'un adénophlegmon concomitant.

Observation VII. — Fistule fnastoidienne. — Abcès latéropharyngien. — Trêpa nation de rapophyse et de la caisse. Incision de l'abcès, — Guérison.

Gret... ËmilienDe, 3 ans i/2, est présentée le 24 avril 1893 à la consultation de l'hôpital Trousseau. Cette enfant a eu en mars 1892 la coqueluche, puis en avril une rougeole « rentrée » suivie presque immédiatement d'une fièvre typhoïde (?) Depuis, elle ne s'est jamais rétablie, a eu de la gourme, des maux d'yeux, des croûtes dans le nez. Six mois après environ, elle a été prise, sans cause connue, d'otorrhée puis bientôt d'un gonflement rétro-auriculaire qu un médecin a incisé deux fois et depuis deux mois il persiste une fistule.

L'enfant, dont les antécédents héréditaires sont bons (parents et un frère bien portants) est malingre, mal portante, a de la fièvre de temps à autre. Fistule rétro-auriculaire adroite. Nous l'adressons au D' Lubet-Barbon pour examen de son oreille. Elle se présente à la clinique le 25 avril, respirant mal, ayant mal à la gorge, et M. Lubet-Barbon trouve en arrière de l'amygdale droite un gonflement rénitent, dont l'incision au bistouri donne issue à un flot de pus. A l'examen ostoscopique : membrane détruite, caisse pleine de granulations.

Soulagée par l'incision pharyngienne, l'enfant est amenée

le 1^^ mai à l'hôpital Trousseau où elle est admise (salle Giraldès) pour être opérée de sa fistule. L'abcès s'est reproduit.

Le 2 rnai^ trépanation de l'apophyse et de la caisse. Ablation des osselets malades ; puis séance tenante, incision le long du bord postérieur du sterno-mastoïdien et drainage large de l'abcès latéro-pharyngien.

Après cette intervention, pansement comme de coutume.

L'enfant a quitté l'hôpital le 4 juin, presque entièrement guérie, et elle a été guérie après quelques pansements.

Elle est revue vers le milieu de décembre, pour un adénophlegmon sous-maxillaire gauche (carie d'une molaire inférieure) qui est incisé. Guérison le 15 janvier. A cette date, l'enfant, tout en restant sujette aux angines et aux coryzas, se porte fort bien, mieux qu'elle ne Ta fait à aucune époque de l'année qui a précédé l'opération.

Revue au mois de septembre 1894, en excellent état local et général.

§ 3. — DiagrncMstic. ,

Le diagnostic, pour être complet, comporte la solution des deux problèmes suivants :

\^ Existe-t-il une lésion apophysaire?

2° Cette lésion est-elle d'origine auriculaire ?

Quant au diagnostic de Tétat de la caisse, il est directement lié à l'étude des indications thérapeutiques.

1° Existe-t-il une lésion apophysaire ? — Ce diagnostic doit être étudié dans trois cas différents :

A. Il n'y a pas de modification apparente des tissus qui recouvrent l'apophyse.

B. 11 y a un abcès ou un gonflement œdémateux de la région mastoïdienne.

C. Il y a un abcès du triangle maxillo-pharyngien. A. Il n*y a pas de modification apparente des

TISSUS QUI RECOUVRENT L APOPHYSE. — Lcs Symptômes que nous venons de passer en revue existent presque toujours, mais non point toujours, et il faut bien savoir qu'il peut y avoir du pus dans les cellules mastoïdiennes sans qu'aucun gonflement, aucune rougeur n'atteignent la région rétro-auriculaire. Ces cas sont même les plus dangereux car c'est alors que, le pus ne se faisant pas jour au dehors à travers la couche corticale trop épaisse, on est parfois brusquement surpris par l'invasion des complications intracrâniennes les plus graves.

C'est pour les faits de ce genre qu'il pourrait être précieux d'avoir des renseignements fournis par l'éclairage des cellules mastoïdiennes, par l'examen fonctionnel de l'ouïe (1).

Des recherches, sans doute, ont été faites dans ce sens. Caldwell (2), par exemple, introduit dans le

(1) Ferrkri [Lo Sperimentale, nov. 1883) a conseillé \di 'ponction exploratrice. C'est un procédé aveugle que nous repoussons, quoique d'après une observation publiée récemment par Chiucini son auteur ne semble pas y avoir renoncé. — Eulknstein {Mon. f, Ohrenh.^ 1894, t. XXVIII, p. 73) après Kœrner, Moos aurait obtenu de bons renseignements par la percussion de l'apophyse, qui révélerait de la matité. Nous restons sceptiques à l'égard de ce signe, dont l'auteur n'exagère d'ailleurs pas trop la valeur.

(2) C. W. Caldwell, Transillumination of the mastoïd ceUs

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