ÉCLAIRAGE DES CELLULES, TRANSMISSION DU SON
conduit une petite lampe électrique munie d'une fenêtre que Ton tourne contre la paroi postérieure. Dès que la lampe est allumée, les cellules mastoïdiennes transparaissent, de la base de Tapophyse jusqu'à la pointe ; s'il y a du pus, la région reste au contraire opaque. Lorsque le conduit auditif est trop étroit, ou trop douloureux, on place la lampe en arrière de Tapophyse, et l'on juge d'après la présence ou l'absence d'un reflet rosé dans l'oreille moyenne et le conduit. Ce mode d'exploration spécial n'est pas encore entré dans la pratique et la rareté de son emploi ne permet pas de juger sa valeur définitivement. Mais on ne doit pas le rejeter a /;nori, car on sait quels progrès une méthode analogue a fait faire au diagnostic des abcès du sinus maxillaire (1).
Nous n'en dirons pas autant des recherches fondées sur l'exploration de l'audition ; l'intégrité de cette fonction est en effet contingente et dépend des conditions variables suivant lesquelles se fait la transmission des ondes sonores. Dans tel cas, l'audition est abolie, dans tel autre, elle est conservée, suivant que les manifestations du côté de la caisse continuent à l'état aigu ou diminuent, pendant qu'évolue la comas a meaiis of diagnosis of mastoïditis interna suppurativa, Neiv- York médical journal, 15 juillet 1893, t. II, p. 66.
(1) Voy. aussi Urbantschitsgh, Soc, imp. roy. deméd. de Vienne^ 20 mai 1892, d'après Wien. klin, Woch., 26 mai 1892, p. 315.
plication mastoïdienne. Nous ajouterons, tout en reconnaissant que nous n'avons pas encore mis ce procédé à Fépreuve, que nous avons une confiance médiocre dans l'avenir réservé an signe sur lequel a récemment insisté V. N. Okouneff, de Saint-Pétersbourg (1).
En cas d'abcès mastoïdien, il y aurait une diminution manifeste de la transmission osseuse du son dans la région occupée par l'abcès. Ce phénomène pourrait être constaté facilement au moyen d'un diapason qu'on fait vibrer sur le vertex du malade pendant qu'on ausculte le crâne à l'aide d'un tube otoscopique muni d'un entonnoir en caoutchouc de très petites dimensions promené sur différents points de l'apophyse mastoïde. S'il n'existe pas d'abcès, le son du diapason transmis par les os du crâne est perçu partout distinctement. Lorsque, au contraire, on se trouve en présence d'un foyer purulent mastoïdien, le son s'affaiblit considérablement dès que l'entonnoir du tube otoscopique arrive sur la région de l'abcès. Grâce h ce procédé, M. Okouneff aurait pu établir le diagnostic d'abcès mastoïdien chez 2 malades qui ne présentaient que des symptômes douteux de cette lésion et en déterminer le siège exact et l'extension, ce qui fut confirmé par la trépanation.
Jusqu'à nouvel ordre, nous concluons que le dia-
(1) V. N. Okounkff, Vralch, 1893, p. 1325 et 13;)3.
gnostic de ces mastoïdites sans modification apparente extérieure doit continuer à être porté avec les moyens vulgaires d'investigation : et cela d'autant mieux qu'il s'agira assez souvent d'une intervention d'urgence pour laquelle le praticien éloigné d'une grande ville n'aura pas le temps, s'il veut sauver la vie de son malade, d'appeler à son secours un spécialiste, seul possesseur des instruments spéciaux exigés par les examens précédemment indiqués. Dans ces circonstances, donc, la douleur spontanée plus violente, la fièvre plus intense, les frissons plus fréquents, le délire, les vomissements survenant au cours d'une otite aiguë et s'accompagnantdela diminution de l'écoulement doivent faire soupçonner la complication et hâter l'intervention. Et puis, n'y a-t-il vraiment aucun signe local? Il n'y a pas de rougeur, de gonflement des téguments derrière l'oreille, c'est exact : mais toujours l'apophyse sera douloureuse à la pression, parfois même cette sensibilité sera exquise. Associée à une hyperthermie notable, avec de la céphalalgie, cette douleur rétroauriculaire à la pression acquiert une valeur diagnostique considérable, et nous verrons en étudiant le traitement, que si elle ne cède pas rapidement à la médication ordinaire, elle constitue une indication opératoire importante. Nous renvoyons à cet égard à notre observation 11 et au tracé thermométrique probant (ju'elle reiiferme. De plus, les cellules
Le 23. — L'oreille a coulé abondamment mais les douleurs apophysaires persistent ; perforation de la membrane dans le segment antéro-inférieur, cathétôrisme, lavages par la trompe.
Le 25. — L'écoulement a diminué, le pus est plus épais, presque concret, cathétérisme, lavages par la trompe.
Le 29. — Les douleurs apophysaires sont toujours aussi violentes, les maux de tête intolérables ; la malade n'a pu fermer Tœil depuis quinze jours ; les parties rétro-auriculaires sont un peu empâtées ; le pouls est à 110.
En raison des douleurs, des insomnies, de l'empâtement et de la fièvre on se décide à intervenir. Le 3 février la trépanation de l'apophyse est pratiquée : la corticale est saine. On trouve à la place ordinaire un oséburné et aucune cavité cellulaire. On cherche l'antre un peu plus haut que normalement. Le volume de cette cavité paraît très réduit, on y trouve à peine quelques gouttes de pus, mais beaucoup de granulations qui remoi\tent très haut vers l'aditus. Gurettage, tamponnement à la gaze iodoformée.
Le soir môme le pouls n'est plus qu'à 80, température 37® 5. Le 4, température 37» le matin, 37° 2 le soir, plus de maux de tête.
Le 10, la malade est en très bonne santé, on défait le pansement, la plaie se montre tout à fait en bon état. Guérison complète à la fin de février.
Observation IX. — Mastoïdite aiguë, — Trépanation. — Guérison.
Berthe Sim. . . 15 ans. Otite moyenne aiguë consécutive à la grippe il y a 15 jours. Depuis 4 jours, douleurs très vives dans la région de l'apophyse mastoïde, gonflement œdémateux, chute de la paroi postéro-supérieure du conduit ; perforation assez grande de la membrane.