‹ Les Suppurations de l'apophyse mastolde et leur traitementChapitre 25 sur 76 · FURONCLE DU CONDUIT · texte numérisé non relu

FURONCLE DU CONDUIT

toujours un ou deux autres qui rendent vite le diagnostic évident. Enfin on n'oubliera pas que s'il existe en même temps un reste d'eczéma du conduit la furonculose est probable.

En outre, l'analyse exacte de la douleur provoquée fournit des renseignements de première valeur. Qu'on se souvienne que le furoncle, accompagné de plus ou moins de lymphangite et d'adénite, est une lésion des parties molles exclusivement, que la mastoïdite, au contraire, s'attaqueavant tout au squelette, et ces différences vont s'expliquer d'elles-mêmes. Dans la furonculose, que l'on déplace le pavillon de l'oreille, qu'on le remue, et la souffrance provoquée sera vive ; par la pression autour de Toreille (et en particulier en arrière de l'oreille pour le furoncle de la paroi postérieure) c'est en regard de la tuméfaction du conduit et en appuyant vers le conduit qu'on l'éveillera; par contre, en appuyant sur l'apophyse un peu en arrière du sillon rétro-auriculaire et bien perpendiculairement à l'os, on trouvera cette région indolente. Si Tadcno-phlegmon mastoïdien vient compliquer la question, on se souviendra des signes différentiels que nous avons donnés précédemment ; et dans ce cas particulier le ganglion enflammé siège d'ordinaire dans le creux situé en avant de la pointe de l'apophyse. Ce ganglion, en outre, n'est ni le seul, ni le premier pris : il y a adénite dotiloiireuse à la pression en avant du tragus.

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S. Duplay, un des auteurs qui se sont le plus et le mieux occupés de la question :

« Au début, il est aisé de différencier le gonflement qui appartient à Tune et à l'autre de ces affections. Dans la périostite simple, le gonflement est diffus, le sillon qui existe entre la conque et l'apophyse mastoïde a disparu ; dans l'inflammation des cellules mastoïdiennes le gonflement est plus exactement circonscrit, le sillon qui existe entre la conque et l'apophyse mastoïde persiste. La douleur à la pression est bien plus marquée et plus superficielle dans la périostite simple que dans Tinflammation des cellules mastoïdiennes.

« L'examen du conduit auditif peut aussi fournir de précieux renseignements. La périostite de l'apophyse mastoïde est un accident de l'ostéo-périostite de la caisse qui s'accompagne constamment d'une périostite du conduit ; on trouvera donc les signes de cette affection. La suppuration des cellules mastoïdiennes, au contraire, n'est pas forcément liée aune otite périostique. Elle s'accompagne toujours d'un catarrhe purulent de la caisse, dont on constatera les signes, laperforation du tympan, l'existence d'une otite granuleuse, de fongosités, de polypes ; dans d'autres cas plus rares, en même temps que l'on observe tous les signes d'une otite moyenne avec douleur, gonflementde la région mastoïdienne, l'examen de l'oreille montre la membrane du tympan

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injortée. mato. épJli^sil^ quelquefois refoulée en dehors. Entin. que la membrane soit intacte ou qu*elle soi! perforée, il est encore un signe qui indiquera à peu près certainement la suppuration des cellules mastoïdiennes, c'est l'existence d^une rougeur de la peau, avec gonflement œdémateux, circonscrite à la paroi postérieure du conduit auditif osseux. On sait, en effet, qu'à ce niveau le conduit répond aux cellules mastoïdiennes. »

Dans notre étude anatomo-pathologique, nous avons relaté une de nos observations, montrant bien qu'il peut y avoir abcès rétro-auriculaire sans suppuration mastoïdienne, le stylet entrant directement de la poche purulente dans la caisse en passant entre le conduit cutané et le conduit osseux dénudé. Chez ce malade, — que nous n'avons vu il est vrai que quelques jours après une incision faite par un autre médecin — le gonflement répondait bien par son siège et sa forme à la description que nous venons de citer. Mais nous devons ajouter que dans nombre de cas, et en particulier chez les jeunes enfants (1),

(1^ l/abcès mastoïdien est très fréquent chez Tenfant, comme onU; verra en parcourant nos observations. Nous y insistons parce que dans une thèse récente Paris, iSOO.i, M. Grandhomme dit (p. 'M; : « Comparativement aux suppurations de Foreille, qui sont fioquenles, les abcès mastoïdiens sont rares chez les ffnfaiits. )' M. Graridhomme donne ensuite de la carie et de la n^'crose de i*apophyse chez liMifant une description clinique spf'îciale qui ne répond pas à ce que nous avons vu. Voy. aussi

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