OUVERTURE DE L*ANTRE PAR LE CONDUIT
sant article où M. Ricard (1) a insisté sur ranatomie de la région et s'est rallié, au point de vue opératoire, au procédé de Hartmann et Politzer, lequel, il est vrai, n'est pas le meilleur à nos yeux, comme nous allons le dire.
Schwartze a publié à plusieurs reprises le résultat de ses statistiques et dans son Traité des maladies de r oreille on trouve une étude remarquable delà question qui nous occupe.
Sa méthode est, sauf quelques modifications de détail, celle que nous employons. C'est donc par son exposé que nous terminerons cette étude opératoire, bien qu'elle soit la première en date, après avoir fait la critique des autres procédés proposés.
L'anatomie de l'apophyse nous fait voir que trois organes sont faciles à léser si Ton n'opère pas avec prudence et adresse : le sinus latéral, situé en arrière; la dure-mère et le cerveau, situés au dessus du plafond de l'antre; le nerf facial, situé en bas et en avant.
Si nous énumérons immédiatement ces organes, dont la situation précise sera plus utile à spécifier quand nous indiquerons notre procédé opératoire, c'est que la crainte de léser le sinus a depuis longtemps déjà conduit von Trœltsch à proposer d'ouvrir
(1) A. HiCARD, De Tapophyse mastoïde et de sa trépanation, Gnz. des hôp., 1889, n° 25, p. 205.
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compléter quelques jours ou quelques semaines plus tard (1 ). Au contraire, quand une fois le facial a été coupé, le sujet est difforme pour la fin de ses jours. Nous ne voudrions pas pousser cette comparaison jusqu'au paradoxe, mais nous pensons qu'il n'est pas bon de s'exposer à sectionner le facial pour éviter plus sûrement de perforer le sinus.
Ce n'est pas tout : l'ouverture par le conduit n'est pas faite en un point déclive. Elle aborde l'antre en son milieu, puisqu'on sait que cette cavité commence en haut à 2 ou 3 millimètres au-dessus de la paroi supérieure du conduit, à la hauteur de larticulation de l'enclume et du marteau, et finit dans les grandes cellules de la pointe de l'apophyse. Or l'ouverture ne pourra être prolongée par en bas, à cause du facial, qui est logé dans la paroi même du conduit, à la partie inférieure delà face postérieure de ce conduit.
Aussi l'évacuation du pus des cellules de la pointe se fera-t-elle difficilement ; et d'autre part les pansements seront malaisés, pour pénétrer dans la cavité
(1) Sur cette bénignité relative de l'ouverture du sinus, cf. VON Baracz, Wien. med. Woch.^ 1887, p. 1260 ; 7 observations suivies de guérison, quoique dans celle de Guye, il y eût eu pénétration de Fair. n y a cependant des cas de mort, et par exemple Ricard en cite dans son article. Tout récemment, G. Chiucini (Arch. ilal. (TotoL, 1895, t. III, p. oo) a publié 4 cas suivis de guérison (trois opérés de E. de Rossi,.un de Ferreri). Mais la fréquence de celte complication nous étonne.