MANUEL OPÉRATOIRE DE LA TRÉPANATION
Pour faire comprendre la conduite à suivre, nous commencerons par opposer Tun à Taulre les deux cas extrêmes : celui où la besogne du chirurgien est à peu près tout entière faite par la nature ; celui où, au contraire, l'apophyse présente seulement une dénudation limitée. Entre les deux se présente le cas de la fistule osseuse plus ou moins large.
Soit d'abord le cas le plus simple, celui où le rocher est en grande partie détruit par l'ostéite. Sous la peau, on pénètre alors dans une large perforation, qu'on rend plus large en quelques instants en enlevant à la curette le rebord friable qui l'entoure ; et l'on entre ainsi dans une vaste cavité qui contient des séquestres, des fougosités, du pus caséeux. En quelques coups de curette, ce contenu est évacué, on poursuit de proche en proche les foiigosités, et l'on arrive enfin, sans avoir pris le burin, jusqne dans la caisse, la paroi postéro-supérieure du conduit se trouvant spontanément détruite, rongée ou séquestrée. Cela fait, dans la cavité que l'on a sous les yeux et que Ton lamponne pendant quelques minutes pour y arrêter le suintement sanguin, on vérifie avec le stylet la consistance des parois osseuses, on entame à la curette les pointes rouges et friables, jusqu'à ce que partout le tissu soit dur, mais en agissant avec lenteur, douceur et prudence, millimètre par millimètre, quand on approche delà voûte de raditus(l)
(1) Dans une observation de Martin {Soc, médico-prat. de Paris,