CHAPITRE V
Diagnostic
Aussi le diagnostic doit-il être fait rapidement pour permettre au malade de tirer un réel bénéfice d'une thérapeutique précoce.
Le diagnostic positif s'établit d’abord sur les commémoratifs : le malade a eu un coryza ; il présente des douleurs periorbitaires, rétro-orbitaires, oculaires ou perioculaires, s’irradiant vers la région occipitale.
L'examen de la région peut montrer un œdème volumineux du front et de la paupière supérieure avec exophtalmie, immobilité du globe oculaire. Il y a, d'autre part, disparition brusque de la vision (phlegmon de l'œil) ou bien baisse progressive de la vision (ulcère cornéen conséquence de la protusion oculaire). Ou bien enfin, l’exophtalmie n’est plus en cause, l'œil est à sa place, mais la paupière soulevée, il apparaît rouge, baignant dans le pus qui s'écoule de la fistule sinusienne ; on aperçoit le louche cor-
Tue
néen accompagné d'une ulcération de cette membrane. Ici, le larmoiement et la photophobie sont la règle.
Ces constatations amèneront le clinicien à chercher du côté des sinus voisins, et aidé de la transillumination et de la radiographie, à découvrir la cavité périorbitaire responsable. Il est nécessaire de pratiquer deux radiographies, l’une de face, l’autre de profil et de comparer les diverses cavités sinusiennes. L’opacité d'un des sinus permettra d'établir le sinus atteint.
L'examen clinique seul ne suffit pas toujours à trouver la cause de l'infection et M. Lemaître cite le cas d’une fistule due à un phlegmon orbitaire, fistule qui siégeait au niveau du sillon orbito palpébral supérieur et qui, cependant, avait sa source dans le sinus maxillaire.
Le diagnostic différentiel se fera avec l’érysipèle : périorbitaire qui peut se compliquer de phlegmon orbitaire. La réaction sous angulo maxillaire ganglionnaire et l'extension de l’infiltration dermique seront en faveur de l’érysipèle.
La dacryocystite est souvent aussi une cause d’erreur. Elle peut d’ailleurs compliquer les sinusites. Terson qui a traité des dacryocystites chez des sujets : atteints de sinusites fait remarquer que ces deux affections peuvent avoir aussi une même origine nasale.
D'autre part, il y aura lieu de penser aux tumeurs sinusiennes et orbitaires qui se compliquent parfois de névrites optiques ou aux diverses ostéites syphiliques, tuberculeuses ou traumatiques dont les commé-
rte moratifs, le traitement US serviront à établir le diagnostic.
Le mucocèle suppuré ou non pourra simuler l’empyème frontal. Dans l’aseptique, il n’y a pas de température. L’affection est lente, le refoulement des parois de l'orbite est progressif.
La panophtalmie traumatique pourra prêter à confusion. Mais la coexistence d’une rhinorrhée purulente, l’interrogatoire du malade, les symptômes frontaux faciliteront le diagnostic.
L’infection de la cornée devra être différenciée des autres infections de cette membrane. Les commémoratifs, l’absence de traumatisme, l’œdème de la région du front et des paupières, la teinte violacée qui l'accompagne, la présence d’une fistule ou de l’exophtalmie feront trouver l’origine de la suppuration.
Pour ces mêmes raisons, les troubles visuels causés par les atteintes de toute autre nature de la choroïde, de la rétine, du corps vitré, de l'iris et du cristallin seront rapportés à leur étiologie probable. Il y aura lieu, en outre, de procéder à l’examen objectif et subjectif de l’œil et de s'enquérir de l’état général du malade.
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