‹ Les suppurations oculaires: consécutives à l'empyème frontalChapitre 11 sur 19 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Evolution et Pronostic

Suivant la voie d’accès, les suppurations oculaires consécutives à l’empyème frontal ne présentent pas la même évolution ainsi que nous l’avons déjà indiqué dans la symptomatologie. La collection purulente cherche une issue pour s’écouler à l’extérieur. Ou bien détruisant tous les obstacles elle parcourt brusquement et rapidement la graisse orbitaire et l'œil à la façon d’un torrent ayant rompu ses digues ; ou bien retenue par le périoste orbitaire, dernier obstacle, elle passe par les orifices décrits plus haut et s'ouvre par une fistule cutanée ou conjonctivale. Tantôt, elle emprunte la voie postérieure et conserve toute sa virulence, tantôt elle suit la voie antérieure et l'écoulement du pus modifie l’allure aiguë de l’affection.

Dans le premier cas, l’évolution se fera de façon telle que, malgré la tentative de drainage du phlegmon orbitaire, la fonte purulente de l'œil se produira

pire

à brève échéance : c’est ce qui semblait devoir arriver au malade de la Clinique ophtalmologique de Lyon.

Tandis que dans le second cas, la production de la fistule amène une détente des symptômes ; la suppuration de l’œil revêt une évolution plus lente qu’une thérapeutique convenable permet d'enrayer.

1° Au point de vue local, le pronostic est fatal pour l'œil purulent atteint par la voie postérieure. Les menaces de perforation commandent de recourir à un traitement énergique d'autant plus que l’autre œil réagira bientôt par ophtalmie sympathique et qu'il faut sauver ce dernier. s

La suppuration cornéenne créée par le pus provenant de la fistule s'établit beaucoup plus lentement. D'ailleurs, l’attention est déjà attirée du côté du,sinus frontal et la moindre complication conjonctivo-cornéenne dicte au chirurgien la conduite à tenir. L’infection est moins redoutable puisqu'elle est quelque peu atténuée. Cependant, abandonnée à elle-même, elle peut donner lieu à une panophtalmie.

Les cas de SrawcuLEANu, de Kuanr, de M. le professeur RozLeTr montrent que toutes ces complications peuvent survenir.

Lorsque la suppuration ne se traduit que par une ulcérätion cornéenne ou par une kéraltite infectieuse l'œil peut encore être conservé ; mais les lésions cicatrictelles donnent lieu à des taies de la cornée qui l’opacifient d'où troubles de la vision.

Mais lorsque le segment postérieur est atteint après ulcération de la cornée nous sommes ramené au pre-

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