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« L'expérience à ce sujet, dit M. Lemaire, est en opposition formelle avec la théorie, les interventions larges, portant à la fois sur les sinus et sur l'orbite: sont suivies de. désastres soit par extension du processus ostéomyélitique, soit par infection des méninges. Une réaction violente suit, dans ces cas, l'acte: opératoire. Avant de supprimer le foyer infectieux, celui-ci lui donne en quelque sorte ‘« un coup ‘de: « fouet ». L'acte opératoire chez eux facilité encore la diffusion au niveau, de la boîte cranienne, la propagation. sur les méninges et le cerveau. »
Ici nous avons affaire à des phénomènes suraigus. Nous reportant à l'observation: du malade suivie par nous depuis la première intervention, nous avons: pû faire les constatations suivantes. On intervient d’abord sur le sinus frontal par la voie orbitaire dans le but de drainer la cavité purulente qu'offrait le sinus frontal, autrement dit on va au plus pressé, de façon à apaiser les'symptômes inquiétants présentés par le malade, et à modifier. l’allure aiguë de la complication.
Le surlendemain, la température n’est pas tombée, le malade présente un peu de torpeur, son pouls est ralenti. On pratique une ponction lombaire et l’on retire un liquide céphalo-rachidien clair mais très hy-. pertendu. De plus la chambre antérieure de l'œil est manifestement trouble. |
Dans les jours qui suivent, la température est toujours irrégulière, on procède alors à l’énucléation en raison de la perforation imminente de l'œil. D'ailleurs l’énucléation avait été retardée par crainte des menaces d’abcès cérébral. Dès lors la chute de la température
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va s’accentuant et se maintient entre 37 et 38°. Il persiste une suppuration abondante pat le sinus frontal toujours drainé.
Après quelques jours d’attente, le Docteur SARGNON entreprend la cure radicale de la sinusite sous anesthé-. sie générale. Il note un grand sinus se propageant très loin en dehors. Ce sinus est très fongueux. Il en retire un séquestre gothique de 1 cm. 5 de long sur 8 m/m. de large au point maximum. Il pratique un curettage soigneux de tout le sinus. Le canal nasofrontal garni de fongosités est nettoyé et curetté, le drainage est assuré par une mèche naso-frontale.
Le soir de l’opération la température monte de nouveau à 40° pour redescendre le lendemain à 39°. Au bout de deux jours, à cause de la température élevée on enlève le drain, dès lors celle-ci redescend pour se maintenir depuis vers 37°-38°. La plaie est en bonne voie de cicatrisation.
S'il est permis de tirer quelques considérations de cette observation, nous voyons que le premier drainage pratiqué en raison de l’acuité des symptômes a eu peu d'influence sur l’état général du malade. On constate en effet la persistance de la fièvre ; l’opéré présente un état de torpeur ; le liquide céphalo-rachidien est hypertendu, ce qui indique une réaction méningée se traduisant à l'examen cytologique par 40 Iymphocytes au m/m3 et quelques polynucléaires.
Si nous comparons les deux opérations tentées, ensuite sur le malade, nous voyons que d’une part l'énucléation de l'œil a été suivie d’une chute assez rapide de la température, et la cure radicale de la sinusite au
contraire a causé une ascension de la température à 40° le soir même de l'opération.
Il y a donc lieu de se demander ce qui serait arrivé si l'on àvait interverti l’ordre des opérations pratiquées. Il est probable que le malade n'eut pas “ui porté le choc opératoire.
Le pus orbitaire et oculaire dont les effets se faisaient déjà sentir, aurait ajouté son action au choc opératoire qui donne un « coup de fouet » dans les sinusites suraiguës.
Dans le deuxième cas, l’œil suppure bien mais l’évolution est plus lente. La cause de la suppuration vient du pus qui baigne continuellement l’œil ou de l’infeclion externe due à l’inoclusion du globe de l’œil repoussé en dehors.
C'est donc soit la fistule sinusienne qui entretient la complication, soit le phlegmon de l'orbite.
Il y a lieu de supprimer ces deux sources causes des lésions, et de traiter simultanément la complication de façon
à limiter l'étendue du mal avant qu'il ne soit trop tard.
Le traitement de l’ulcère cornéen oblige l’ophtalmologiste à recourir à des moyens énergiques : après anesthésie de l’œil à la cocaïne à 4 ou 5 %, on touche soit avec la pointe du thermo-cautère les bords de l’ulcère pour enrayer sa progression, soit avec des antiseptiques divers en solution forte : sulfate de zinc au 1/10 ; nitrate d'argent au 1/10, ou teinture d’iode, en évitant que le médicament ne vienne se mettre en contact avec les parties saines de la cornée.
Les injections sous-conjonctivales seront employées
en concurrence avec la cautérisation ignée ou chimique. On se sert, pour cette occasion, de solutions de cyanure de mercure au 1/1.000, ou bien encore de bleu de méthylène au 1/1.000. Cette dernière est em- : ployée avec succès dans le service de M. le Professeur : RoLLET.
On fait, en même temps, à la Clinique, la suture temporaire des paupières ou blépharorraphie. Cette opération a pour but de mettre l'œil au repos et d’éviter les infections exogènes.
Si l’agent infectieux est connu et s’il existe un vaccin ou un sérum contre lui, cette médication générale pourra être jointe au traitement local. Dès lors, on se tourne vers la source de l'infection : l’empyème frontal, et l’on draine à la fois le pus de la cavité et de l’orbite par orbitotomie externe lorsqu'il y a phlegmon de l'orbite ou l’on entreprend la cure radicale de l’empyème frontal dans l’autre cas plutôt par l'opération de Kuanr que celle de Luc qui peut donner lieu à des récidives plus graves et on fait le drainage nasal.