‹ Les suppurations oculaires: consécutives à l'empyème frontalChapitre 8 sur 19 · MA, PU · texte numérisé non relu

MA, PU

bes. Les leucocÿtes doivent-ils céder qu'aussitôt une seconde ligne se dresse pour arrêter les microbes. Elle est constituée par la lame osseuse et le rideau conjonctif pseudo-lymphatique décrit par M. Mourer et formé « d'innombrables petits espaces cloisonnés, inégaux, irréguliers, minuscules défenses multipliées à l'infini ». Ce réseau semble être là pour ralentir plutôt que pour arrêter la marche en avant de l’ennemi qui aborde la troisième position. Là le périoste orbitaire et le réseau lymphatique tributaire des Iÿmphatiques de la face mobilisent à leur tour les éléments leucocytaires et s'apprêtent à résister.

Le pus peut être arrêté devant chacun des éléments de la défense. S'il est le plus fort, il détruit rapidement les lignes opposées à sa marche et envahit l’orbite et la graisse orbitaire.

Une suppuration orbitaire diffuse se produit. Elle peut toucher secondairement l'œil. |

Le pus s’arrête-t-il entre l'os et le périoste ? Il gagne les paupières par les orifices du septum orbitale Là il se fistulise.

En avant, le périoste orbitaire adhère à l’os. Tous les éléments sont donc franchis brusquement et la région palpébrale est atteinte. Dans ces conditions, l'œil peut être intéressé par voie antérieure.

D'ailleurs, l'orbite, dans certains cas, est envahi par voie veineuse. Les veines se thrombosent sous l'influence de l’arrivée du pus. Une collection se forme entre le périoste et l’os ; la lame osseuse se nécrose secondairement ; on a alors affaire à une ostéo périostite orbitaire. |

LS

Le pus peut aussi se frayer un chemin par les dehiscences osseuses que nous avons envisagées dans notre étude anatomique. La deuxième ligne de défense est donc inexistante et grâce à ces ouvertures toutes préparées se trouvent réalisées les « abcès circum » voisins de Panas.

M. Morax a indiqué d’autres modes d’envahissement de l'orbite.

1° Le mécanisme pathogénique de cette complication est expliqué par l'espèce microbienne ; le streptocoque se propage par voie lymphatique ; le pneumocoque gagne peu à peu les tissus voisins.

2° L'’infection peut aussi sé faire par voie artérielle (Motais) mais le plus souvent en raison de l’exophtalmie et de l’inoclusion du globe oculaire ou en raison des troubles trophiques dus à l’ensserrement du ganglion ophtalmique, la cornée s’ulcère, l'infection chemine de proche en proche et gagne l'iris, le corps ciliaire, la choroïde.

Quoiqu'il en soit, le pus pourra emprunter deux voies pour atteindre le globe oculaire. Tantôt il fera irruption dans l'orbite, c’est par la voie postérieure qu'il arrivera. L’œil sera touché directement par l'intermédiaire des vaisseaux ou indirectement par exophtalmie. Tantôt aussi, empruntant la voie antérieure, la collection gagne les paupières et se fistulise. De cette façon, c’est la partie antérieure de l’œil qui sera

intéressée.

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