‹ Les sœurs RondoliChapitre 18 sur 26 · UN SAG«^^^ «W · texte numérisé non relu

UN SAG«^^^ «W

d*horcaie mondain. On nous présenta Ton à l'autre. II s'appelait : Lucien Delabarre.

René et lui se serrèrent énergiquemont les mains. Et puis on se mit à table.

Le dtner fut délicieux, plein de gaieté. René ne cessait de me parler, familièrement, cordialement, franchement, comme autrefois. C'était: « Tu sais, mon vieux. — Dis donc, mon vieux.

Écoute mon vieux. — Puis soudain il s'écriait: « Tu ne te doutes pas du plaisir que j'ai à te retrouver. Il me semble que je renais. »

Je regardais sa femme et l'autre. Us demeuraient parfaitement corrects. Il me sembla pourtant une ou deux fois qu'ils échangeaient un rapide et furtif coup d'œil.

Dès*qu'on eut achevé le repas, René se tournant vers sa femme, déclara : « Ma chère amie, j'ai retrouvé Pierre et je l'enlève; nous allons bavarder le long du boulevard, comme jadis. Tu nous pardonneras celte équipée...

de garçons. Je te laisse d'ailleurs M. Delàbarre. »

La jeune femme sourit et me dit, en me ton-

ÎH UN SAGE

dant la main : « No lo gardez pas trop longlemps. »

Et nous voilà, bras-dessus, bras-dessous, danslarue. Alors, voulant savoir à tout prix: «Voyons, que s'est-il passé? Dis-moi?..- MMa'a il m'interrompit brusquement, et du ton gro* gnon d'un homme tranquille qu'on dérangé sans raison, il répondit : «Ah çà! mon vieux, fiche-moi donc la paix avec tes questions ! » Puis il ajouta à mi-voix, comme se parlant à lui-même, avec cetair convaincu des gens qui ont pris une sage résolution : « C'était trop bèto de se laisser crever comme qb., à la fin. »

Je n'insistai pas. Nous marchions vite.

Nous nous mîmes à bavarder. Et tout à coup il me souffla dans l'oreille : « Si nous allions voir des filles, hein? »

Je me mis à rire franchement. « Comme tu voudras. Allons, mon vieux. »

LE PARAPLUIE

LE PARAPLUIE

A Camille OudinoL

M" Oreille était économe. Elle savait 1 ; valeur d'un sou et possédait un arsenal de principes sévères sur la multiplication de Targent. Sa bonne, assurément, avait grand mal à faire danser Tanse du panier; et M. Orcil e n'obtenait sa monnaie de poche qu'avec une extrême difficulté. Us étaient à leur aise, pourtant, et sans enfants ; mais M*"* Oreille éprouvaitune vraie douleur à voiries piëcesblanches sortir de chez elle. C'était comme une déchirure pour son cœur; et, chaque fois qu'il lui avait fallu faire une dépense de quelque im-

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porlanco, bien qu'indispensablOi elle dormait fort mal la nuit suivante.

Oreille répétait sans cesse à sa fcmmo :

— Tu devrais avoir la main plus large, puisque nous ne mangeons jamais nos revenus.

Elle répondait:

— On no sait jamais ce qui peut arriver. Il vaut mieux avoir plus que moins.

C'était une petite femme do quarante ans, vive, riiiée, propre et souvent irritée.

Son mari, à tout moment, se plaignait des privations qu'elle lui faisait endurer. Il en était ccrlaines qui lui devenaient particulièrement pénibles, parce qu'elles atteignaient sa vanité.

Il était commis principal au Ministère de la guerre, demeuré là uniquement pour obéir à sa femme, pour augmenter les rentes inutilisées de la maison.

Or, pendant deux ans, il vint aubureauavco le même parapluie rapiécé qui donnait à rire à ses collègues. Las enfîn de leurs quolibets,

LE PARAPLUIE SOI

il exigea que M""* Oreille, lui acbet&l un nouveau parapluie. EUeenpritundo huit francs cinquanlo, article de réclame d'un grand magasin, Les employés, en apercevant cet objet jeté dans Paris par milliers recommencèrent leurs plaisanteries, et Oreille en souiïrit horriblement. Le parapluie ne valait rien. En trois mois, il fut hors de service, et la gaieté devint générale dans le Ministère. On fit même une chanson qu'on entendait du matin au soir^duhaut en bas de Tinmiense b&timcnt.

Oreille, exaspéré, ordonna à sa femme de lui choisir un nouveau riflard, en soie fine, de vingt francs, et d'apporter une facture justificative.

Elle en acheta un do dix-huit francs, et déclara, rouge d'irritation, en le remettant à son époux:

— Tu en as là pour cinq ans au moins

Oreille, triomphant, obtint un vrai succèA au bureau.

Lorsqu'il rentra le soir, sa femme, jetant un regard inquiet sur le parapluio; lui dit :

toi LE PARAPLUIE

— Tu ne devrais -pas le laisser serré avec f élastique, c'est le moyen de couper la soie. C'est k toi d'y veiller, parce que je ne t'en achèterai pas un de si t6t.

Elle le prit, dégrafa Tanncau et secoua les plis. Mais elle demeura saisie d'émotion. Un trou rond, grand comme un centime, lui apparut au milieu du parapluie. C'était une brûlure de cigare I

Elle balbutia :

— Qu'est-ce qu'il a?

Son mari répondit tranquillement, sans regarder :

— Qui, quoi? Que veux-tu dire?

La colère l'étranglait maintenant; elle ne pouvait plus parler :

— Tu... tu... tu as brûlé... ton.. .ton.. .parapluie. Mais tu... tu... tu es donc foui... Tu veux nous ruiner I

Il se retourna, se sentant palir :

— Tu dis?

— Je dis que ta as brûlé ton parapluie.

liens!...

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Et, s'élançant vers lui commo pour le batlre, elle hii mit violemment sous le nez la petite bridnie eireoldre.

n restait éperdu devant cette plaie, bredouillant :

— Ça, ça... qu'est-ce que c*est ? Je ne sais pas, moi ! Je n*ai rien fait, rien, je te le jure. Je ne sais pas ce qu^il a, moi, ce parapluie?

Elle criait maintenant :

— Je parie qne ta as fait des farces avec lui dans ton borean, que ta as fait le saltimbanque, qae ta Tas oavert pour le montrer.

n répondit :

— Je Fai oavert ane seule fois pour montrer comme il était beaa. Yoilà tout. Je te le jure.

Mais elle trépignait de fureur, et elle lui fit une de ces scènes conjugales qui rendent le foyer familial plus redoutable pour un bomme pacifique qa*an champ de bataille où pleuvent les balles.

Elle ajasta une pièce avec on morceau de soie cdapé sur Tancien parapluie, qui était de

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couleur diiïérenle; et, le lendemain Oreille partit, d'un air humble, avec nnstrument rac< commode. Il le posa dans son armoire et n'y pensa plus que comme on peo^e à quelque mauvais souvenir.

Mais, à peine fut-il rentré, le soir, sa femme lui saisit son parapluie dans les mains, Fouvrit pour constater son état, et demeura sufToquée devant un désastre irréparable. Il était criblé do petits trons provenant évidemment de brûlures, comme si on eAt vidé dessus la cendre d'une pipe allumée. Il était perdu, perdu sans remëde.

Elle contemplait cela sans dire un mot, trop indignée pour qu*un son pût sortir de sa gorge. Lui aussi, il constatait le dég&t et il restait stupide, épouvanté, consterné.

Puis ils se regardèrent; puis il baissa les yeux ; puis il reçut par la ligure l'objet crevé qu'ellolui jetait; puis elle cria, retrouvant sa voix dans un emportement de fureur :

— Ah! canaille ! canaille I Tu en as fait exprès! liais tu me le payeras! Tu n'en auras plus...

LB PARAPLUIE fOS

Et la scène recommença. Après une heure do tempête, il put enfin s'expliquer. Il jura qu*il n'y comprenait rien; qne cela ne pouvait provenir que de malveillance ou de vcngeuncc.

Un coup de sonnette le délivra. C'était ua ami qui devait diner chez eux.

M"** Oreille lui soumit le cas. Quant à aehe< ter un nouveau parapluie, c'était fini, son mari n'en aurait plus.

L'ami argumenta avec raison :

— Alors, madame, il perdra ses habits, qui valent certes davantage.

La petite femme, toujours furieuse, répondit :

— Alors il prendra un parapluie de cuisiae, je ne lui en donnerai pas un nouveau en soie.

A cette pensée. Oreille se révolta.

— Alors je donnerai ma démission, moil Mais je n*irai pas au Ministère avec un parapluie de cuisine.

L'ami reprit :

If

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— Faites recouvrir celui-là, ça no coûte pa»

très cher.

M" Oreille, exaspérée, balbuliait •

— Il faut au moins huit francs pour le faire recouvrir. Huit francs et dix-huit, cela fait vingt-six! Vingt-six francs pour un parapluie, mais c'est de la folie! c'est do la démence I

L'ami, bourgeois pauvre, eut une inspiration :

— Faites le payer par votre Assurance.

Les compagnies payent les* objets brûlés, pourMi que le dég&t ait eu lieu dans votre domicile.

A co conseil, la petite femme se calma net; puis, après une minute do réflexion, elle dit à son mari :

•— Demain, avant de te rendre à ton Ministère, tu iras dans les bureaux de la ilalemelle faire constater l'état de ton parapluie et ré« clamer le payement.

M. Oreille eut un soubresaut.

— Jamais de la vie je n'oserai 1 C'est dix-

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ûuit (taxi^s de perdus, voilà tout. Nous n'en mourrons pas.

Et il sortit le lendemain avec une canne. Il faisait beau, heureusement.

Restée seule à la maison, M"* Oreille ne pouvait se consoler de la perte de ses dix-huit francs. Elle avait le parapluie sur la table de la salle à manger, et elle tournait autour, sans parvenir à prendre une résolution.

La pensée de FAssurance lui revenait à tout mstant, mais elle n'osait pas non plus affronter les regards railleurs des messieurs qui la recevaient, car elle était timide devant le monde rougissant pour un rien, embarrassée dès qu'il lui fallait parler à des inconnus.

Cependant le regret des dix-huit francs la faisait souffrir comme une blessure. Elle n'y voulait plus songer, et sans cesse le souvenir de cette perte la martelait douloureusement.

Que faire cependant? Les heures passaient; elle ne se décidait à rien. Puis, tout à coup, comme les poltrons qui deviennent cràoas, oUe prit sa résolution i

tH LE PARA1*LUIB

— J*irai, et nous voitods bien 1

Mais il lui fallait d abord préparer le parapluie pour que le désastre fût complet et U cause facile à soutenir. Elle prit une allumetld sur la cheminée el fit, entre les baleines, une grande brûlure, large comme la main; puis elle roula délicatement ce qui restait do la soie, la Tixa avoc le cordelet élastique, mit son châlo et son chapeau, et descendit d'un pied pressé vers la me de Rivoli où se trouvait F Assurance.

Mais, àmesuro qu*elIeapprochait, elle ralentissait le pas. Qu*allait-elle dire? Qu'allait-on lui rrpondre?

Elle regardait les numéros des maisons. Elle en avait encore vingt-huit. Très bien! elle pouvait réfléchir. Elle allait de moins en moins vite. Soudain elle tressaillit. Voici la porte, sur laquelle brille en lettres d'or : c La Ma' tenielle^ Compagnie d'Assurances contre l'incendie. » Déjà! Elle s'arrêta une seconde, anxieuse, honteuse, puis passa, puis revint, puis passa de nouveau, puis revînt encore.

LE PARAPLUIB M»

Elle se dit cnnn :

— Il faut y aller, pourtant. Micnx vant plus tôt que plus tard.

Mais, eu pénétrant dans la maison, elle • aperçut que son cœur battait.

Elle entra dans une vaste pièce avec des g^uichcts tout autour; et, par chaque guichet, on apercevait une tête d*homme dont le corps était masqué par un treillage.

Un monsieur parut, portant des papiers.

Elle s'arrêta et, d'une pctilo voix timide :

— Pardon, monsieur, pourrîez-vous me dire où il faut s'adresser pour se faire rembourser ies objets brûlés.

Il répondit, avec un timbre sonore :

— Premier, à gauche. Au bureau des sinistres.

Ce mot rîntîmida davantage encore ; et elle eut envie de se sauver, de ne rien dire, de sacrilierses dix-huit francs. Mais à la pensée de celte somme, un peu de courage lui revint, et elle monta, essoufflée; s'arrètant à chaque marche.^

tif LE PARAPLUIE

A a premier, elle aperçut une porte, elle fra: pa. I ne voix chire cria :

— Ev.lroz:

E!!e entra, et se vit dans une grande pièce où trois messieurs, debout, décorés, solennels, causaient.

Un d'eux lui demanda :

— Que désirez-vous, madame?

Elle ne trouvait plus ses mots, elle bégaya :

— Je viens... je viens... pour... pour un siaislre.

Le monsieur, poli, montra un siège.

— Donnez-vous la peine de vous asseoir, je suis à vous dvins une minute.

Et, retournant vers les deux autres, il reprit la conversation.

— La Compagnie, messieurs, ne se croit pas enga^zée envers vous pour plus de quatre cent mille francs. Nous ne pouvons admettre vos revendications pour les cent mille francs que vous protendez nous faire payer en plus.

L'estimation d'ailleurs...

Un des deux autres l'interrompît:

LE PARAPLUIE SU

— Cela suflit, monsieur, les tribunaux décideront. Nous n'avons plus qu*à nous retirer.

Et ils sortirent après plusieurs saluts cérémonieux.

Oh! si elle avait osé partir avec eux, elle Taurait fait ; elle aurait fui, abandonnant tout I Mais lé pouvait-elle? Le monsieur revint et, . ^'inclinant:

— Qu'y a-t-il pour votre service, madame?

Elle articula péniblement :

— Je viens pour... pour ceci.

Le directeur baissa les yeux^ avec un élonnemcnt naïf, vers l'objet qu'elle lui tendait.

Elle essayait , d'une main tremblante, de détacher l'élastique. Elle y parvint après quelques efforts, et ouvrit brusquement le squelette loqueteux du parapluie.

L'homme prononça, d'un ton compatissant ;

— Il me paraît bien malade.

Elle déclara avec hésitation :

— 11 m'a coûté vingt francs.

Il s'étonna :

— Vraiment! Tant que ça

<ll LE PARAPLUIE

— Oui, il était excellent. Je voulais vous faire coiislatcr son état*

— Fort bien; je vois. Fort bien. Mais je ne saisis pas en quoi cela peut me concerner.

Une inquiétude la saisit. Peut-être cette compagnie-lh ne payait-elle pas les menus objets, et elle dit:

— Mais... il est brûlé...

Le monsieur no nia pas :

— Je le vois bien.

Elle restait bouche béante, ne sachant plus que dire ; puis, soudain, comprenant son oubli, elle prononça avec précipitation:

— Je suis M"* Oreille. Nous sommes assurés à la Maternelle ; et je viens vous réclamer le prix de ce dég&t.

Elle se hâta d*ajouter dans la crainte d'un refus positif:

— Je demande seulement que vous le fassiez recouvrir.

Le directeur, embarrassé, déclara:

— Mais.-- madame... nous ne sommes pas

LE PARAPLUIB ttl

marchands Qo parapluies. Nous ne pouvons nous charger de ces genres de réparations.

La petite femme sentaiiraplomh lui revenir.

11 fallait lutter. Elle lutterait donc 1 Elle n'avait plus peur; clic dit:

— ^^ Je demande seulement le prix de la réparation. Je la ferai bien faire.moi-même.

Le monsieur semblait confus :

— Vraiment, madame, c'est bien peu. On ne nous demande jamais d'indemnité pour des accidents d'une si minime importance. Nous no pouvons rembourser, convenez-en, les mouchoirs, les gants, les balais, les savates, tous les petits objets qui sont exposés chaque jour à subir des avaries par la flamme.

Elle devint rouge^ sentant la cplëre l'envahir:

— Mais, monsieur, nous avons eu, au mois de décembre dernier, un feu de cheminée qui nous a causé au moins pour cinq cents francs de dégâts ; M. Oreille n'a rien réclamé à la compagnie; aussi il est bien juste aujourd'hui qu'elle me paye mon parapluie!

lu LE PARAPLUIE

Le directeur, devinant le mensonge, dit od fouriani:

— Vous avouerez, madame, qu'il est bien étonnant que M. Oreille, n'ajrantrien demandé pour un dégât de cinq cents francs, vienne réclamer une réparation de cinq ou six francs pour un parapluie.

Elle ne se troubla point et répliqua :

— Pardon, monsieur, le dégât de cinq cents francs concernait la bourse de M. Oreille, tandis que le dégât de dix-huit firancs concerne la bourse de M"* Oreille, ce qui n'est pas la môme chose.

Il vit qu'il no s'en débarrasserait pas et qu'il allait perdre sa journée, et il demanda avec résignation :

— Veuillez me dire alors comment l'accident est arrivé.

Elle sentit la victoire et se mit à raconter :

— Voilà, monsieur: j ai dans mon vestibule une espèce de chose en bronze où Ton pose les parapluies et les cannes. L'autre jour donc, en rentrant, je plaçai dedans celui-là. Il fad

LE PARAPLUIE lift

VOUS dire qu'il y a juste au-dessus une plauchette pour mettre les bougies elles allumettes. J'allonge le bras et je prends quatre allumettes. J'en frotte une; elle rate. J'en frotte une autre; elle s'allume et s'éteint aussitôt. J'en frotte une troisième ; elle en fait autant.

Le directeur l'interrompit pour placer un motd'osprit:

— C'étaient donc des allumettes du gouvernement?

Elle ne comprit pas^ et continua;

— Ça se peut bien. Toujours est-il que la quatrième prit feu et j'allumai ma bougie ; puis je rentrai dans ma chambre pour me coucher. Mais au bout d'un quart d'heure, il me sembla qu'on sentait le brûlé. Moi j'ai toujours peur du feu. Ohl si nous avons jamais un sinistre, ce ne sera pas ma faute ! Surtout depuis le feu de cheminée dont je vous ai parlé, je ne vis pas. Je me relève donc^ je sors, je cherche, je sens partout comme un chien de chasse, et je m'aperçois enfin que mon parapluie brûle.

C'est probablement une allumette qui était

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tombée dedans. Vous voyez dans quel étal ça Tamis...

Lo direclouren avait pris son parti; il demanda :

— A combien estimez-vous le dégât?

Elle demeura sans parole, n*osant pas fixer un chiiïre. Puis elle dit, voulant ôlre large:

— Faites-le réparer vous-même. Je m'en rapporte à vous.

Il refusa:

— Non, madame, je ne peux pas. Dites-moi combien vous demandez.

— Mais,., il me semble... que... Tenez, monsieur, je ne veux pas gagner sur vous, moi... nous allons faire une chose. Je porterai mon parapluie chez un fabricant qui le recouvrira en bonne soie^ en soie durable, et je vous apporterai la facture. Ça vous va-t-ilî

— Parfaitement, madame; c'est entendu.

Voici un mot pour la caisse, qui remboursera volrc dépense.

Kl il tondit une carte à M""* Oreille, qui la saisit, puis se leva et sortit en remerciant,

LE PARAPLUIB SU

ayant ti&le d^ètre dehors, de crainlo qu'il ne chaugcât d'avis.

Eilo allait maintenant d'un pas gai par la ruo, cherchant un marchand de parapluies qui lui parût élégant. Quand elle cul trouvé une boutique d'allure richc^ elle entra et dit, d'une voix assurée:

— Voici un parapluie à recouvrir en soie, en très bonne soie. Mcllez-y ce que vous avez de meilleur. Je ne regarde pas au prix»

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