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que j'avais grand'peine à lui donner. Puis il voulut me nnontrcr les ruines du palais ancien, à l'autre bout des jardins.
C'était une '/raie forêt de pierres, qu'habitait un peuple de grands singes. A notre approche, les m&lcs se mirent & courir sur les murs en nous faisant d'horribles grimaces, et les femelles se sauvaient, montrant leur derrière pelé et portant dans leurs bras leurs petits. Le roi riait follement, me pinçait Tépaule pour me témoigner son plaisir, et il s'assit au milieu des décombres, tandis que, tout autour do nous, accroupies au sommet des murailles, perchées sur toutes les saillies, une assemblée de bêtes & favoris blancs nous tirait la langue et nous montrait le poing.
Quand il en eut assez de ce spectacle, le souverain jaune se leva et se remit en marche gravement, me traînant toujours à son côté, heureux de m'avoir montré de pareilles choses le jour même de mon arrivée, et me rappelant qu'une grande chasse au tigre aurait lieu le lendemain en mon honneur.
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Je \o suivis, celle chasse, et une seconde, une troisième, dix, vingl do suite. On poursuivit tour à tour tous les animaux que nourrit la contrée : la panthère, Tours, Téléphant, l'antilope, l'hippopotame, le crocodile, que sais-je, la moitié des bètes de la création. J'étais éreinté, dégoûté do Voir couler du sang, las de ce plaisir toujours pareil.
A la fin, Tardeur du prince se calma, cl il me laissa, sur mes instantes prières, un peu de loisir pour travailler. 11 se contentait maintenant do me combler de présents. Il m'envoyait des bijoux, des étofTes magnifiques, des animaux drossés, que Haribadada me présentait avec un respect grave apparent comme si j'eusse été le soleil lui-même, bien qu'il me méprisAt beaucoup au fond.
El chaque jour une procession de serviteurs m'apportait en des plats couverts une portion de chaque mois du repas royal; chaque jour il fallait paraître et prendre un plaisir extrême à quelque divertissement nouveau organisé pour moi : dauses de lîayadères, jonglorie.-
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revues de troupes, à tout ce que pouvait in- Yenter ce Rajah hospitalier^ mais gêneur, pour me montrer sa surprenante patrie dans tout son charme et dans toute sa splendeur.
Sitôt qu'on me laissait un peu seul, je travaillais, ou bien j'allais voir les singes dont la société me plaisait infiniment plus que celle du roi.
Mais un soir, comme je revenais d'une promenade, je trouvai devant la porte de mon palais, Haribadada, solennel, qui m'annonça, es tennes mystérieux^ qu'un cadeau du souverain m'attendait dans ma chambre; et il me présenta les excuses de son maître pour n*avoir pas pensé plus tôt à m'oiTrir une chose dont je devais être privé.
Après ce discours obscur, l'ambassadeur s'inclina et disparut.
J'entrai et j'aperçus, alignées contre le mur par rang do taille, six petites filles côte à côte, immobiles, pareilles à une brochette d'éperlans. La plus âgée avait peut-être huit ans, la plus jeune six ans. Au premier moment, je na