‹ Les sœurs RondoliChapitre 8 sur 26 · I^ CAS DE MADAME LUNEAU · texte numérisé non relu

I^ CAS DE MADAME LUNEAU

A QewQts huMol.

Le juge de paix, gros, avec un œil fermé et Faulro à peine ouvert, écoute les plaignants d'un air mécontent. Parfois il pousse une sorte de grognement qui fait préjuger son opinion, et il interrompt d'une voix grêle comme celle d'un enfant^ pour poser des questions.

Il vient de régler l'affaire de M. Joly contre U. Petitpas, au sujet de la borne d'un champ qui aurait été déplacée par mégarde par lo charretier de M. Petitpas, en labourant.

Il appelle l'affaire d'Hippolyto Lacour, sa-

!?• LE CA9 Dt MADAME LUNEAt

cristain et quincaillier, contre M"' Céleste-Césarino Luneau, veuve d*Anthimc Isidore.

Hippolyte Lacour a quarante-cinq ans; grand, maigre, portant des cheveux longs et rasé comme un homme d'église, il parle 4*une voix lente, traînante et chantante.

M*"* Luneau semble avoir quarante ans.

Charpentée en lutteur, elle gonfle de partout sa robe étroite et collante. Ses hanches énormes supportent une poitrine débordante par devant, et, par derrière, des omoplates grasses comme des scinjs. Son cou large soutient une tète aux ti ails saillants, et sa voix pleine, sans être grave, pousse des notes qui font vibrer les vitres et les tympans. Enceinte, elle présente en avant un ventre énorme comme une montagne.

Les témoins à décharge attendent leur tour.

M. le juge de paix attaque la question.

— Hippolyte Lacour, exposez votre réclamation.

Le plaignant prend la parole.

— Voilà, monsieur le juge de paix. D y

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