‹ Les survivances du culte impérial romainChapitre 12 sur 51 · Harduin., Concil., t. I, p. io · texte numérisé non relu

Harduin., Concil., t. I, p. io

le salut de l'empereur, et, d'après Zozime {H. N., V, 49 et 5i), par la tête de l'empereur.

La phraséologie officielle conservait nombre de termes contemporains du culte impérial et que les empereurs chrétiens ne crurent pas devoir proscrire. Le titre de Dominus, Dominus Noster, Domini Nostri, continua d'être le titre protocolaire des empereurs.

Le mot numen, pour désigner abstraitement la dignité impériale, ne fut pas éliminé de la phraséologie officielle. Constantin pouvait accepter dans des dédicaces la formule traditionnelle Numini Maiestatique, qui s'entendait de sa personne. Pareilles dédicaces n'appartiennent pas à l'épigraphie chrétienne, c'est entendu. D'autre part, il n'est pas douteux que de grands fonctionnaires étaient païens encore, bien longtemps après que les empereurs fussent devenus chrétiens et sévèrement chrétiens. Ce qui est à relever, c'est la tolérance de ces empereurs pour une phraséologie, dont ils répudiaient la signification théologique, dont ils retenaient la signification politique. Ne nous étonnons donc pas d'entendre un Symmaque parler à Valentinien II de son numen^.

Justinien lui-même, dans la constitution par laquelle il publie le code qui porte son nom, accepte qu'on lui fasse dire, à propos des instructions données aux jurisconsultes à qui il en a confié la rédaction : « ...a nostro numine mandatis ». En 520, l'empereur Justin écrit au pape Hormisdas : « Freces nostro numini -porrectae sunt ex diversis Rois frovinciis-. »

On a dit que l'expression domus divina, pour désigner la famille impériale, subsista encore sous Constantin, et disparut ensuite^. Ce n'est pas exact, car je la relève en 525 dans une lettre de Théodoric^. Au sixième siècle, le palais de l'empereur est qualifié de divin (ôeîov TraT^ocTiov), comme la volonté de l'empereur est divine (ôsiaxé^^suciç)^. En 38 1, une loi de Gratien,

I. Coll. Avellan. E-pistul. 14 et 19 (éd. GUENTHER, p. 60 et 66), relationes de Symmaque. — 2. Ibid., 181 (p. 636).

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