‹ Les survivances du culte impérial romainChapitre 24 sur 51 · Philostorg, ap. Photium, p. g., LXV · texte numérisé non relu

Philostorg, ap. Photium, p. g., LXV

parler de sacrifices, on peut admettre que cette statue fut honorée officiellement par les chrétiens comme par les païens.

On sait par d'autres témoignages que le jour anniversaire de la dédicace de la ville, une statue en bois de l'empereur était placée sur un char et promenée devant le trône impérial à l'Hippodrome''.

Enfin, les circonstances qui suivirent la mort de Constantin nous montrent d'une manière éclatante la persistance des anciennes pratiques. L'empereur mort, les soldats le déposèrent dans un cercueil d'or après l'avoir revêtu de pourpre et le menèrent de Nicomédie à Constantinople. Là, ils placèrent le cercueil sur un haut catafalque dans la plus belle salle du palais, tandis que de nombreuses lumières brûlaient dans des candélabres d'or et que des gardes se relayaient jour et nuit pour le veiller. (( Et les chefs de l'armée, les comtes et la troupe des archontes qui étaient auparavant dans l'obligation d'adorer l'empereur, ne modifiant en rien l'ancienne observance, pénétraient à heures fixes dans la chambre funéraire. S'étant agenouillés, ils saluaient l'empereur comme s'il eût été vivant. Après cette première entrée eut lieu celle des sénateurs, puis de tous les dignitaires, enfin de la foule du peuple-. »

Ce récit intéressant d'Eusèbe nous montre d'abord que Constantin avait maintenu l'adoration de la personne de l'empereur par les dignitaires suivant l'ordre hiérarchique, telle qu'elle avait été instituée par Dioclétien^. Nous voyons en outre que cette adoration est célébrée devant le cercueil de l'empereur comme s'il eût été vivant.

Le corps de Constantin resta ainsi exposé au Grand Palais jusqu'à l'arrivée de Constant qui l'ensevelit solennellement dans l'église dédiée aux saints Apôtres, élevée par Constantin et destinée par lui à sa sépulture^. Cette construction même

i. Maurice, t. II, p.XLvii.

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