‹ Les survivances du culte impérial romainChapitre 26 sur 51 · Eusèbe, F. C, IV · texte numérisé non relu

Eusèbe, F. C, IV

qu'il a reçue et qui lui a permis de triompher des ennemis du christianisme.

Il n'est donc pas étonnant que la cérémonie de ses funérailles ait rappelé d'une manière frappante celle de l'ancienne apothéose. Lorsque l'empereur Constant, entouré d'une troupe nombreuse de soldats eut conduit solennellement le cercueil de son père aux Saints-Apôtres, le clergé commença les prières. (( Ainsi, le bienheureux prince, placé au haut d'une estrade élevée, recevait des louanges. Un peuple innombrable se joignait aux prêtres avec des larmes et des prières pour l'âme de l'empereur'. »

Ce caractère d'apothéose donné à la commémoration de l'empereur fut encore plus marqué à Rome où les païens étaient encore nombreux. On exposa à la vénération du peuple des peintures qui représentaient l'empereur défunt trônant au-dessus des voûtes célestes-. Bien plus, l'atelier monétaire de Rome frappa, en 33/, des médailles avec la légende : Divus Constantinus pater Augustorwn. On voyait au droit le buste de Constantin voilé et au revers l'empereur enlevé au ciel sur un quadrige, tandis qu'une main céleste se tendait vers lui ^. Mais ce type monétaire fut répandu aussi en Orient, et Eusèbe en donne la description^.

Ainsi, pour les païens, l'empereur après sa mort devient divus, pour les chrétiens il est admis parmi les bienheureux. L'expression de [xax.api.o; revient sans cesse dans le récit d'Eusèbe. Dans sa dévotion à la mémoire de Constantin il va jusqu'à le comparer au phénix, symbole de la résurrection du Christ. De même que le phénix renaît de ses cendres, de même « le trois fois bienheureux, Tpi(j[j(.axaptoç, s'est comme multiplié par la succession de ses enfants. Aussi ses images sont vénérées par toutes les nations en même temps que les leurs^. »

Non seulement Constantin n'a pas aboli le culte de l'empe-

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