I. EusÈBE, V. C, IV
origine. C'est la tradition de l'ancienne Rome que Constantin a apportée dans sa nouvelle ville. Si l'idée même de l'adoration du prince, si certains détails du cérémonial ont pu venir de l'Orient, la forte organisation de la religion monarchique porte la marque romaine. Elle forme un système bien lié avec ses dogmes, sa phraséologie, ses rites, ses chants, son calendrier liturgique, son iconographie et jusqu'à ses sanctuaires particuliers. C'est ce que va nous montrer l'examen de quelques usages de la cour de Byzance.
Le trait essentiel de cette religion, c'est le caractère sacré, la sainteté de la personne de l'empereur, et c'est la conséquence logique du principe même sur lequel est fondée l'institution impériale. La nature propre à cette institution est d'être le pouvoir légitime par excellence. Un théoricien politique du sixième siècle, Jean Lydos, établit la différence entre le pouvoir royal (rex), symbole de tyrannie ou d'arbitraire et le pouvoir impérial du <( basileus » qui « désigne l'homme placé à la première place par le choix de ses sujets... Le propre du basileus consiste à ne bouleverser aucune des lois essentielles, à maintenir fortement à son pouvoir le caractère qui est celui de sa constitution, à n'accomplir aucun acte arbitraire ou en dehors des lois, à confirmer par ses décrets son accord avec les dignitaires de l'État*. »
L'empereur est donc l'expression même de la loi et c'est le choix du peuple inspiré de Dieu qui lui confère cette légitimité. (( Le Dieu tout-puissant et votre choix, braves compagnons d'armes, dit Léon L'" dans l'ordre du jour adressé à son armée après son avènement en 457, m'ont désigné sous d'heureux auspices comme empereur des Romains [et protecteur] de la chose publique^. » Procope de Gaza dans son panégyrique d'Anastase exprime la même idée : (( C'est la volonté divine qui a véritablement inspiré le décret en ta faveur. D'une voix unanime le