G. WlssowA, Religion und Kultus der Roemer (1902), p
lo L'ÉGLISE ET LES SURVIVANCES
luramus fer genium Domini nostri imperatoris. » Les martyrs répondent : « Nous rendons à César l'honneur dû à César, mais nous craignons Dieu : Honorent Caesari quasi Caesari, timorem autem Deo. )) (Passio SciLlitan., 3 et 9.) On pourrait recueillir nombre de traits pareils dans les passions de martyrs du troisième siècle* .
La persécution de Dèce inaugura le système des certificats de sacrifice : on devait exhiber un libellus, une attestation de sacrifice, au magistrat qui instruisait, et le libellus produit entraînait le non-lieu. Bien des Chrétiens estimèrent permis d'acheter le certificat, sans consentir à sacrifier, stratagème qui pouvait paraître innocent. L'Eglise fut plus sévère : elle distingua les lapsi des libellatici, mais elle tint les libellatici pour coupables et saint Cyprien les dénonce comme ayant souillé leur conscience par l'apparence de l'idolâtrie^. Il admet cependant que leur faute estexcusable, et que l'on doitles accueillir à faire pénitence. On pressent là une évolution.
L'honneur consenti à César par les Chrétiens ne pouvait-il pas s'accommoder de certains termes usités dans le culte impérial? Ne pouvait-on pas distinguer entre termes inconciliables avec la foi chrétienne, et termes que l'on pouvait tolérer à condition d'en fixer le sens ? Tertullien enseigne que les Chrétiens ne peuvent jurer par le génie de César, car qviid'it genius diidèmon. Cette restriction est pleinement justifiée : \& genius Augusti n'at-il pas, en effet, sa place marquée dans le sacrarium de chaque maison'^? Le même Tertullien, que l'on ne soupçonnera pas de laxisme, accepte cependant que les empereurs soient appelés domini^ à condition que ce titre ne soit pas un titre divin : « J'appellerai l'empereur dominuSy mais en donnant à ce mot son acception commune, et quand on ne me contraindra pas de dire dominus en guise de deus. » {Apologet.,l>^.') Saint Paul avait