Beurlier, p
2. Cyprian., De lapsis, 27 et 28 (éd. Hartel, p. 2S6, 258). Epistul. LV, i3 et 14 (p. 633-634). Voyez Dom Leclercq, « les Certificats de sacrifice païen sous Dèce », Bull. (Vanc. Hit. chrét., 1914, p. 55-56.
3. Wendland, p. 92-93. J. Marquardt, le Culte chez les Romains, tr. fr., t. I (1889), p. i53.
DU CULTE IMPÉRIAL n
pourtant dit : Il n'est qu'un seul Seigneur, Jésus Christ :Rupioç 'ivicoO;. Et l'Église redira : u Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, et en un seul Seigneur^ Jésus Christ. «Pour saint Paul, les deux termes de ôeoç et de x,upioç sont des noms également divins, que l'on ne peut sans blasphème donner à des hommes *. Mais l'acception donnée au terme xupioç par le judaïsme, puis par le christianisme, n'exclut pas les acceptions communes : on dit xupie, domine, pour saluer ou interpeller des personnes honorables; on dit/.upio;, dominuSy en le construisant avec un génitif, pour signifier le maître d'un esclave, le possesseur d'une terre, le souverain^. Néron est le maître de toute la terre, ô tou icavToç xocfxou xupioç Nepwv'', comme l'appelle une inscription de Corinthe de l'an 67; et à supposer que cette appellation soit équivoque, on pouvait bénéficier de l'équivoque pour ne retenir que le sens politique, en excluant le sens idolâtrique de la formule. Distinction importante, qui témoigne que le christianisme, même dans un esprit absolu comme Tertullien, est disposé à se prêter à des concessions de forme, et ne s'effraye pas des mots, dès que les mots ont une signification acceptable.
Une concession pareille est celle qui, au début du quatrième siècle, en3o6, est consentie parle concile d'Elvire. On sait que dans la religion romaine il n'existe pas de sacerdoces proprement dits : les prêtres n'y sont que des laïques délégués à la liturgie, et ainsi en va-t-il dans le culte impérial. Les prêtres municipaux du culte impérial portent le nom de ilamines, la province a son -flanien -provinciae. Le flaminat est un honneur décerné par la cité ou par la province à un citoyen considéré et riche, honneur gratuit, mais onéreux, car l'élu est tenu à verser une forte somme au trésor de la ville, à donner des jeux, des repas publics, à faire des distributions d'argent, etc. Mais le flaminat obligeait à présider aux sacrifices faits en l'honneur des empereurs. Des Chrétiens, qui avaient dans leur cité
1. J. Lebreton, les Origines au dogme de la Trinité (1919), p. 336.