De caerim., I, 5 et 72 {P. G., CXII, 224 et
Trinité, disent les mutins, nous voulons trois empereurs^! » La comparaison entre la puissance divine et l'autorité impériale est un thème courant dans la littérature byzantine. Un sermon du cinquième siècle mis sous le nom de saint Athanase explique qu'avant l'Incarnation, le genre humain, soumis à des tyrans, était gouverné sans raison, àXoycoç, et les hommes se livraient des guerres continuelles. Lorsque le Christ se fut fait homme, il mit fin à cette <( polyarchie )> et voulut que l'empire romain commandât au monde entier a à l'imitation du royaume des cieux ». De même qu'au ciel règne un seul Dieu, que tous les anges sont soumis à sa volonté, mais que les démons sont indociles à l'égal des barbares, de même sur la terre il y a beaucoup de nations indomptées, mais une seule, celle des Romains, exerce l'empire^.
Au dixième siècle, Constantin Porphyrogénète, tout féru d'érudition et entiché des souvenirs du passé, a résumé à l'usage de son fils la doctrine officielle qui était le dogme fondamental de la religion monarchique. Il développe la même idée que pseudo-Athanase : « Quand nous montrons, dit-il, dans la puissance impériale cet ordre et cette harmonie, nous représentons en petit l'ordre et le rythme que le Démiurge a mis dans l'univers^. » Et dans la préface de son traité administratif il appelle à son aide toutes ses réminiscences bibliques pour dresser un tableau delà majesté surhumaine du pouvoir impérial : « Et les nations, dit-il à son fils, demeureront frappées d'étonnement devant ta grandeur, et elles fuiront devant toi comme devant le feu; leur bouche sera bâillonnée et tes paroles les perceront comme des traits. Ton aspect leur sera terrible et devant ta face un tremblement les saisira. Le Tout- Puissant te couvrira de son bouclier ; ton Créateur te remplira de sa sagesse; il conduira tes pas et te placera sur une base inébranlable. Ton trône devant lui sera comme le soleil et ses yeux seront fixés sur toi et l'adversité n'aura point de prise