De caerimon., l, i {P. G., CXII, jy
sur toi, car lui-même t'a élu et il t'a choisi dès le sein de ta mère et il t'a confié comme au meilleur sa royauté sur tous les hommes et il t'a élevé comme une tour sur une colline ou comme une statue d'or sur une hauteur et comme une ville sur une montagne, afin que les nations t'apportent des présents, afin que les nations de la terre se prosternent devant toi^. »
Jamais l'orgueil monarchique ne s'est exprimé d'une manière aussi lyrique; jamais la doctrine mystique sur laquelle repose toute la religion monarchique n'a été formulée avec cette netteté. Loin de n'avoir laissé à Byzance que des traces, le culte de l'empereur s'y est au contraire fortifié, développé, et l'on constate une évolution sensible entre les idées de Jean Lydos au sixième siècle et les doctrines du dixième siècle. Alors que Lydos, préoccupé d'opposer le pouvoir arbitraire des tyrans au pouvoir légitime des empereurs, condamne les expressions de « maître » et d' « esclaves » pour désigner les relations entre l'empereur et ses sujets-, ces mots sont au contraire d'un usage courant dans les acclamations du dixième siècle.
Il résulte de ces doctrines que la révolte contre l'empereur est assimilée au sacrilège. Le terme d'apostat, d'apostasie, est appliqué indifféremment à la rébellion contre l'Eglise et contre l'Etat. Un édit synodal de 1026, publié « avec l'approbation du très saint patriarche Alexis », jette l'anathème contre quiconque ose tramer une révolte ou une conspiration et sur tous ceux qui se feront complices de son « apostasie 2. » En 829, avec une véritable inconséquence Théophile fit mettre à mort les meurtriers de Léon l'Arménien, à qui son père Michel II et lui-même devaient le trône, parce qu'ils avaient porté la main sur l'oint du Seigneur. Et c'était bien la doctrine officielle, qui n'arrêtait guère sans doute ceux qui étaient tentés de se soulever, mais que tous regardaient comme l'assise fondamentale de l'édifice impérial. On pouvait la violer, mais on ne la discutait pas.