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Codinus parle de « la main divine » du patriarche

A BYZANCE 5i

solennelle du culte de l'empereur, véritable liturgie parallèle à la liturgie ecclésiastique.

On serait tenté de croire même que la liturgie ecclésiatique a inspiré le cérémonial de la cour, mais c'est justement le contraire qui s'est produit. Un grand nombre d'usages, à commencer par le costume liturgique, ont été empruntés par l'Eglise au cérémonial civil *. L'emploi des cierges, par exemple, apparaît dans les cérémonies civiles sous les Antonins* et s'est conservé tout naturellement à la cour de Byzance. Lorsque Nicéphore Phocas fait son entrée dans la ville engôS, il est reçu à la Porte d'Or « avec des cierges et de l'encens^ ». La tradition qui s'est maintenue est donc plus ancienne que celle de la liturgie ecclésiastique.

Il n'y a donc rien d'étonnant à cette ressemblance. Le même mot « offikia » désigne à la fois les cérémonies ecclésiastiques et auliques ; on a remarqué que la même formule :

apelthe poieson minsas = Ite missa est

est employée à l'église et au palais pour congédier les assistants ^. On peut même dire qu'il y a comme une pénétration mutuelle entre la liturgie ecclésiastique et la liturgie impériale. Beaucoup de cérémonies auliques ont pour théâtre Sainte- Sophie ou quelque autre église de Constantinople, tandis que le patriarche et le clergé interviennent parfois dans les cérémonies du palais. La liturgie impériale n'en est pas moins autonome et complètement distincte de celle de l'Eglise. Elle possède en propre tous les éléments essentiels qui en font un système bien lié.

Elle a d'abord de véritables sanctuaires. Un curieux récit d'un chroniqueur du neuvième siècle nous montre même l'érection d'un temple, dédié au nom de Bardanios Tourkos, pro-

1. Mgr BatiffoLj Etudes de liturgie et d'' archéologie chrétiennes, 191g, p. 3o-83.

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