Deissmann, p
OU dans leur province une grande situation, pouvaient-ils, devaient-ils se dérober au flaminat?
Le concile d'Elvire résout ce cas de conscience : il interdit aux Chrétiens de prendre part à un sacrifice, et pareillement de prendre part à des jeux qui s'accompagneraient d'homicide (comme les combats de gladiateurs) ou d'impudicité (comme certaines pièces de théâtre) : le fidèle qui se sera rendu coupable d'une telle faute sera excommunié sans rémission possible sa vie durant. Celui qui aura seulement fait lès frais du sacrifice ou des jeux susdits, sera excommunié, mais pourra être réconcilié à l'article de la mort. Celui qui, ayant accepté le flaminat, se sera contenté d'en porter l'insigne {corona), et n'aura ni sacrifié, ni fait les frais d'un sacrifice, ne sera suspendu de la communion que deux ans*. Le concile ne prend pas sur lui d'interdire absolument le flaminat aux fidèles. Il confirme que l'idolâtrie et l'homicide sont des fautes qui entraînent l'excommunication et une excommunication dont l'Eglise se refuse à relever, et c'est la forme la plus rigoureuse de la discipline pénitentielle. Mais le concile est d'une extrême indulgence pour le flamine chrétien qui n'aura que porté la couronne du flaminat : grave concession, qu'un Tertullien (montaniste, il est vrai) cent ans plus tôt aurait véhémentement relevée 2.
Tertullien n'avait pas prévu que la ligne qui sépare la discipline chrétienne de l'idolâtrie était capable de se déplacer du fait de la laïcisation de l'idolâtrie. Vienne un jour où les sacrifices seront supprimés par l'empereur devenu chrétien, le flaminat deviendra une simple distinction civile sans caractère religieux, à la façon de nos ordres de chevalerie qui sont des distinctions sans rien de militaire.