P. G., LIX, 65o. — 4. P. G., LVI
Le culte de ces images était surtout fervent dans l'armée. Au quatrième siècle, elles étaient peintes sur les enseignes, et chaque corps avait la sienne portée par des gradés spéciaux {imaginairi) *.
Enfin, c'est par l'envoi de leurs images laurées, qu'après le partage de SqS, les empereurs d'Orient et d'Occident s'annonçaient mutuellement leur avènement, et leur reconnaissance officielle prenait ainsi une valeur juridique. Pierre le Patrice nous a conservé des renseignements sur les <( cérémonies à observer lorsque l'empereur désigné en Occident envoie à Constantinople ses ambassadeurs et ses images laurées ». Le pouvoir de cet empereur ne devient légal que lorsque son collègue a reconnu ses images, et c'est ce que nous montre le procès-verbal de la réception de l'ambassade d'Anthémius, à Constantinople en 467. L'image d'Anthémius est introduite devant l'empereur Léon et reçue par les silentiaires. Le préfet de la ville prononce le panégyrique des deux empereurs, puis Léon donne l'ordre d'envoyer les images laurées d'Anthémius dans tout l'empire et de les associer aux siennes^.
En 4o3, l'image de l'impératrice Eudoxie avait été promenée ainsi dans toutes les provinces et des protestations s'étaient élevées. Ce qui excitait le scandale ce n'était pas l'envoi même d'une image, mais c'était que cette image, novo exemplo -per provincias circumlata^ivX celle d'une princesse 3.
Pourtant, des protestations s'élevèrent au début du cinquième siècle. Si elles furent peu nombreuses, elles vinrent de voix autorisées ^. Nous avons la preuve que ce mouvement d'opinion eut sa répercussion dans la législation impériale. Un rescrit de Théodose II et Valentinien, du 5 mai 425, prescrivit que, lorsqu'on érigerait une image impériale, les juges devraient éviter «' l'appareil ambitieux de l'adoration ». Il