Lettre d'Honorius, P. L., XX, 507. Socrate, H. E. VI
4- SuLPiCE SÉVÈRE, Chron. II, v, 2. SAINT Jean Chrysost., De laudibus Pauli Afost. P. G., L, 5o8.
leur suffira pour témoigner leur respect à l'empereur d'être présents à la cérémonie. Il en sera de même lorsqu'on célébrera des jeux : l'exposition de nos images, dit-il, manifestera suffisamment que les concurrents ont dans le secret de leur conscience la vénération de la puissance impériale. <( Quant aux honneurs qui excèdent la dignité humaine, qu'ils soient réservés à la puissance suprême^. » On a vu quelquefois dans ce texte la prohibition de l'adoration impériale, sans réfléchir qu'il vise uniquement les fêtes célébrées lors de l'érection des statues. Il est d'ailleurs assez remarquable que dans cette loi destinée à réprimer des penchants à l'idolâtrie, le vieux mot païen de numen soit employé à la fois pour désigner la puissance impériale et la puissance divine. C'est avec étonnement qu'on voit nostrum numen opposé à la puissance divine, superno numini, tant la phraséologie de la religion impériale faisait pour ainsi dire partie du langage courant.
D'ailleurs les mœurs furent plus fortes que les lois, et l'adoration des images impériales continua comme par le passé. Les empereurs continuèrent à envoyer dans les provinces, à leur avènement, leurs images laurées et celles de l'impératrice. En 602, les images de Phocas et de Leontia sont reçues à Rome et (( acclamées au Latran dans la basilique de Jules par tout le clergé et le Sénat )>. Le pape Grégoire le Grand les fit placer au palais de Latran dans l'oratoire de saint Césaire^.
En 607 pendant les jeux équestres célébrés à l'occasion des noces du patrice Priscus avec Domentiola fille de l'empereur, les images des nouveaux époux et celles de Phocas furent promenées dans le Cirque par les chefs des factions^. Et lorsqu'en 610, le peuple se révolta contre Phocas, il commença par brûler ses images à l'Hippodrome.
L'usage d'envoyer à chaque avènement les images laurées dans les provinces et même dans les royaumes barbares se