‹ Les survivances du culte impérial romainChapitre 46 sur 51 · Theophanes, année · texte numérisé non relu

Theophanes, année

b4 LES SURVIVANCES DU CULTE IMPERIAL

maintint au huitième siècle *. Non seulement cet usage ne soulevait aucune protestation, mais l'obligation stricte pour tous les sujets de vénérer l'efâgie de l'empereur était un argument favori des partisans des images dans leurs controverses avec les iconoclastes 2. Une session du concile de Nicée montre qu'en 787 on continuait à rendre aux images impériales les mêmes honneurs qu'au cinquième siècle. L'évêque Théodose fait allussion aux images laurées, promenées dans les villes et les campagnes, au devant desquelles les populations se portent avec des cierges et de l'encens. Il donne même ce détail intéressant que ces images étaient exécutées en cire ^.

Puis, à partir du neuvième siècle, le culte des images impériales paraît tomber en désuétude. On n'en trouve plus aucune trace dans le rituel aulique de Constantin Porphyrogénète. Cependant, à défaut des textes, les monuments vont nous montrer que l'on continue à exécuter des effigies impériales, analogues par leur caractère aux saintes icônes. Si les rites de l'adoration semblent périmés, l'image de l'empereur n'en a pas moins gardé son caractère vénérable. Un petit poème de Jean, évêque d'Euchaïta, composé vers 1043, décrit ainsi une image de l'empereur et du patriarche: (( Ceux qui ont été élus par la sagesse divine pour nous gouverner, sont dignes d'être honorés par des images. L'un gouverne les corps, l'autre a été choisi pour être le pasteur des âmes''. »

Mais ce parallèle entre l'empereur et le patriarche est tendancieux, car il s'agit du patriarche Michel Keroularios, dont on connaît les projets ambitieux. Il montre du moins la persistance au onzième siècle de la vénération des images impériales.

Et il en est encore ainsi à la fin du quatorzième siècle. Nous

1. Pseudo-lettre de Grégoire II à Léon l'Isaurien. Mansi, Concilia, t. XII, p. 970.

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