‹ Les survivances du culte impérial romainChapitre 47 sur 51 · P. G., GXX, ii · texte numérisé non relu

P. G., GXX, ii

voyons dans le traité de Codinus que le jour de Noël, au milieu des icônes saintes portées à la procession impériale figure celle de l'empereur à cheval, qui reçoit ainsi les mêmes honneurs que les saints et les martyrs i. Ce fait significatif nous montre que la tradition ancienne a prévalu jusqu'à la fin.

La vénération des images impériales étant à l'origine un des rites essentiels de la religion monarchique, il n'est pas étonnant que la figuration de la personne sacrée de l'empereur n'ait pas été laissée à l'arbitraire, mais qu'elle ait été soumise au contraire à des règles précises. La religion monarchique eut son iconographie, constituée aussi fortement que l'iconographie chrétienne et suivant des principes analogues.

Il ne s'agit pas ici des grandes représentations historiques qui ornaient les palais impériaux et qui ne sont pas particulières à Byzance, mais des portraits impériaux exécutés visiblement pour être l'objet de la vénération. On ne possède plus malheureusement aucune de ces icônes, bustes de pierre ou de cire, tableaux peints, qui étaient promenées en grande pompe pour être adorées. Mais à défaut des originaux, nous avons des reproductions dont l'origine ne fait aucun doute. On les trouve surtout dans les miniatures des manuscrits et en particulier dans les portraits impériaux placés au frontispice des manuscrits religieux dédiés à un empereur ou exécutés à ses frais. On peut y ajouter quelques ivoires et des pièces d'orfèvrerie où l'on voit des représentations analogues.

Ces monuments nous montrent jusqu'à l'évidence que l'iconographie impériale est dirigée par les mêmes principes que l'iconographie chrétienne. On y trouve les mêmes attributs (le nimbe), les mêmes attitudes (l'empereur en majesté), les mêmes conventions (l'empereur plus grand que les personnes qui l'entourent), les mêmes symboles (allégories païennes ou chrétiennes).

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