Continuateur de Theophanes. P. G., CIX
Un autre fait significatif est la fréquence des canonisations impériales. Un grand nombre d'empereurs qui ne passent pas pour des modèles de sainteté sont entrés ainsi dans le calendrier liturgique : Théodose le Grand fêté le 17 janvier, Théodose II (29 juillet), Eudoxie (i3 août), Marcien (17 février), Léon I"" (20 janvier), Justinien et Théodora (14 et 1 5 novembre). Le culte de Justinien était particulièrement développé à l'église Saint -Jean d'Ephèse; sa fête est réglementée en 11 20 par le patriarche Jean IX*. De même en 969, Nicéphore Phocas fut canonisé après son assassinat et l'on raconta que des miracles s'étaient produits sur sa tombe ^. On a retrouvé le texte d'un office liturgique composé en son honneur^. Au treizième siècle, Jean Doucas Vatatzès le Miséricordieux (i 222-1 254), fut également regardé comme un saint. Ses reliques étaient conservées dans un monastère de Magnésie du Méandre. Sa fête, qui était encore célébrée au dix-septième siècle, avait lieu le 4 novembre. On a découvert son office liturgique composé entre 1 365-1 3/0, et il est intéressant de constater que l'acrostiche d'une des hymnes qu'il renferme est formée par les mots : Ô£«o ^aTaxC'/i, « au divin Vatatzès*. »
Cet ensemble de faits nous montre suffisamment l'existence dans l'empire byzantin d'une religion monarchique fortement constituée avec ses dogmes, sa liturgie, ses usages particuliers.
Cette religion a succédé à l'ancien culte impérial, mais elle repose sur le même fondement: le caractère surhumainde l'autorité impériale, qui entraîne pour la personne de l'empereur des honneurs plus grands que ceux qui sont dus à de simples mortels.