Marquardt, t. I, p
3. Augustin., Civ. Dei, x, 4 ; (( Sacrificium certe nullus hominum est qui audeat dicere deberi nisi deo. Multa denique de cultu divino usurpata sunt, quae honoribus deferreatur humanis, sive humilitate nimia sive adulatione pestifera; ita tamen ut quibus ea deferrentur hommes haberentur qui dicuntur colendi et venerandi, si autem multum eis additur, et adorandi ; quis vero sacrificandum censuit nisi ei quem deum aut scivit, aut putavit, aut finxit ? » Augustin vise-t-il les usages de son temps ?
DU CULTE IMPÉRIAL ■ i5
s'ajouter à cette considération politique et monarchique des considérations moins relevées d'intérêt local, mais sur le principe on ne variera pas. Une loi de Constance II et de Constant, en 346, prononce que l'on peut laisser subsister les temples situés extra muroSy parce que sont attachés à ces temples des jeux de cirque ou de gladiateurs et qu'il ne faut pas priver le peuple romain des plaisirs de ses fêtes accoutumées : on est donc indulgent encore même pour des jeux de gladiateurs, on est intransigeant sur l'interdiction de toute pratique idolâtrique, et les deux empereurs, fils de Constantin, tiennent à le redire, a omnis superstitio penitus eruenda^ ».
Des jeux supposent des sacerdoces, des sacerdoces survivent donc au culte, notamment dans le culte impérial. On constate, jusqu'au début du cinquième siècle, l'existence de flamines provinciaux ou sacerdotes provinciae , élus comme jadis par l'assemblée provinciale qui subsiste elle aussi. Une loi d'Honorius, en SqS, prescrit d'élire au sacerdoce provincial des gens qui puissent supporter les frais de leur dignité; une loi de Théodose, en 386, accorde que l'on ne pourra l'imposer à un chrétien 2. Ce n'est pas à dire qu'un chrétien ne puisse l'accepter, à condition de ne pas violer les prescriptions ecclésiastiques. Et par là s'explique que l'on rencontre des sacerdotales (c'est le nom que gardent les sacerdotes provinciae après leur sortie de charge) dans l'épigraphie chrétienne, en Afrique, chez les Donatistes notamment, mais chez les Catholiques aussi, tel ce Tulius Adeodatus sacerdotalis relevé dans la mosaïque d'une basilique chrétienne de Cuicul ; on trouve même des flamines perpetui (anciens flamines municipaux) qui ajoutent à leur titre l'épithète christianus"^. Sans doute l'autorité ecclésiastique se montre peu favorable à cette participation de ses fidèles aux sacerdoces, si laïcisés soient-ils désormais; elle sait
1. Cod. Theod.,XMl, 10, 3 (éd. MOMMSEN, p. S98). Voyez Paix constantinienne, p. 458.