CocL. Theod., XVI, 10, 17 (p
2. De idololatria folitica et légitima frincipis cultit, commentarius auctore JOANNE FiLESACO theol. farisiensi (Paris, 161 5).
protocole est conventionnel, et que l'essentiel est d'être d'accord sur le principe fondamental.
On verra dans le mémoire de M. Bréhier le récit des funérailles de Constantin, et comment l'auteur de la Yita Constantini (IV, 67) ne se scandalise point que les dignitaires de l'armée, de la cour impériale, du sénat, rendent au mort l'hommage de la 7rpocx,iJv7ic!.;, le saluent en fléchissant le genou (yovuxTiivetç -/icTCa^ovTo). C'est le rite de l'adoration, qui était d'étiquette à la cour impériale depuis Dioclétien, ainsi que nous l'apprend Ammien Marcellin (XV, 5, 18) : « Diodetianus Augustus omnium -primus ex ter 0 ritu et regio more instituit adorarif cum semper antea ad similitudinem iudicum salutatos principes legerimus. » Adorer l'empereur était le privilège de certaines hautes fonctions : une loi d'Honorius et de Théodose II, en 413, parle des tribuni scholarum qui ont mérité depuis longtemps la faculté d'adorer le prince, « adorandi principis facultatem, antiquitus meruerunt ' ». Les mêmes empereurs, en 422, traitant du praepositus sacri cubiculi, lui confirment l'honneur d'être des fonctionnaires admis à adorer la personne impériale, « nostrae serenitatis adoraturi admittuntur imperium,'^ ».
Pour que Vadoratio du prince n'ait pas choqué des Chrétiens du quatrième et du cinquième siècle, il faut qu'on n'ait plus pensé que le prince était une divinité. Uadoratio devenait alors un hommage de respect rendu à une autorité souveraine. On dut d'ailleurs, au quatrième siècle même, ménager la transition, s'il est vrai, comme le suggère saint Ambroise, que sainte Hélène ait mis une croix sur le diadème impérial pour que le Christ fût adoré dans la personne du prince, « ut crux Christi in regibus adoretur » {Deobitu Theodos.y 48). A cette condition, ajoute Ambroise, l'hommage de l'adoration étant rendu au signe de
1. Cod. Theod., VI, i3, i (p. 265). Godefroy (note sur Cod. Théod., VI, 8, i) écrit : « Adoratio principum nihil aliud erat quam salutatio principis génuflexo...Adoraturus scilicet seu salutaturus in genua ante principis pedes procumbebat. » Toute la note est à lire.
2. Ibid., VI, 8, I (p. 261). Rapprochez 24, 3 (p. 274); vu, i, 7 (p. 3io; XII, I, 70 (p. 680). L'adoration de la pourpre se retrouve à la cour de Théodoric. Cassiodor., Variae, XI, 20 et 3i (éd. Mommsen, p. 346-348).
i8 L'ÉGLISE ET LES SURVIVANCES
la rédemption, n'est plus choquant, mais religieux, « non insolentia ista, sed pietas est, cum defertur sacrae redemptioni ». La présence de la croix de Jésus Christ sur le front des empereurs est un thème bien connu de la prédication d'un Augustin*.
Il n'y a aucune apparence que les évêques du quatrième et du cinquième siècle, en Occident, aient été jamais invités à rendre à l'empereur l'hommage de l'adoration, quand ils étaient admis à son audience. Il est très remarquable, au contraire, que l'empereur les traitait avec une déférence exceptionnelle. Au concile de Nicée, à la séance d'ouverture, Constantin s'assied en invitant d'un geste les évêques à en faire autant, et cela était inouï, car au conseil même de l'empereur les plus hauts dignitaires de l'Etat restaient debout-. Constance II faisait aux évêques l'honneur de les accueillir par un baiser, aosculo sacerdotes excipis », et il leur demandait leur bénédiction, « caput benedictioni submittis », dit saint Hilaire ^. Uosculum du prince était considéré comme une faveur suprême, par des rhéteurs païens, comme Mamertinus qui, embrassé par l'empereur Julien, ne se tient pas de joie de cette faveur sacrée^! Saint Hilaire est dédaigneux.
Saint Ambroise parle {In Hexaemeron, VI, 5/) des images de bronze ou de marbre que l'on fait des princes et qui sont adorées, a ab hominibus adorantur ». Placer le portrait du prince dans un portique ou autres monuments publics d'une ville, se disait consecrare : une loi de Théodose, Arcadius et Honorius, en 394, parle des lieux « m quibus nostrae soient imaginer conserari^ ». Soulignez soient : c'est l'usage. A certains jours, on couronne ces portraits : saint Ambroise parle avec indifférence
1. Augustin., Enarr. in fsalm. XXXII, 11, i3 ; XXXVI, 11, 5 ; LIV, 12 ; LVI, 3, etc.