Parit en décembre
plAeB séigaMeSt mais rafiferrah ésnè lerfr M èt dâfts
leurs espérances par le souvenir des exilés de tons les temps, dont ils retrouvaient les traces dans chacun des payé 4^ les accvelUaient si généroosèmeM. Too^, ils reterrotrt ift Fraoee, et le jour n'est p9S loim où OS pourront de nouveau v saluer la liberté!
Où étaient-ils ces journalistes, ces avocats, ces médedns, ces littérateurs, ce^^ ontriers, œs philosophes <{tii, eoz aussi, aTaîent été Irappéâ par les Tahiquetirs dé décembre? en aussi étaleiit 3 Gayen&tf ou efl Afrique, en exil, ou en prison.
U ne restait doac plus à Paris que ceux qui ajaient été assez heureux pour échapper à la loi commune, ou qui déjà^ mais en bien petit nombre, avahsït pu rentrer au foyer domestique avec le stigmate de la miife souS la surveillance de la haute police I
Étaiént-ce ceux-là qui s'occupaient de politique, qui organisaient des eomplbtë et qui s'exposaient & tombèt sons les coups de la loi? âtaient^ee eux qui atsietit aidé ou assisté Orsini dans rnrrompli'sement son attentat? Étaîent-ce eux qui Iroublaient la paix publique et qui poiitaient être responsables du complot des Itsliens ? Qui donc ignorait en France que ces hommes, tout en gardant au fond du cœur leur amour pour le droit, pour la justice, pour la république, assistaient passifs à tout ce qu'ils voyaient, se contehtatit de regretter en silence ce qu'ils avaient perdu?
Ce Ait oepeadint m eui, eomme air leurs frères des départements^ que s'appesantirent les rigoears et les
rancunes du pouvoir impérial.
Dès le jour môme, dès le lendemain de l'attentat du U janvier, ils avaient été arrêtés en masse dans les rues, sor les plaees publiques, dans leun domidlee, dans leurs ateliers. Tontes les prisons, tous les poètes de police en regorgeaient. Nous avons entendu évaluer à plus de deux mille le nombre des arrestations opérées dans les deux on trois jours qui suivirent TattentaL On con^rend que nous n'ayons pn nous procurer les noms des anrêtés.
Eh bieni ce nombre, si considérable qu'il soit, ne parut pas suffisant, et, lorsque le pouvoir eut décidé de frapper les républicains en masse» dans la nuit du 23 février 196$, on proeéda eneore i l'amstatlon d'envirtm cinq cents autres citoyens.
La plupart d'entre eux, à la vérité, furent relâchés quelques jours après leur arrestation.
Nous croyons savoir que le nombre des citoyens du département de la Seine, transportés à cette époque en Algérie, s*élève à toixante-douxe»
Voici les seuls noms que nous a^ons pu jusqu'à présent obtenir :
Ansart, pharmàciett, à Paris.
' AsTUS, coiffeur, à Boulogne-sur-Seine.
AucsRi dit MaxagraOf charpentier» à Passy*
AuGiER, marcbaDd de vêtements coDfectioDnéSi à
Paris. ' BABàtiDy aneien mné, à Paris.
BoDLANOiR, méeaiiieien, à Paris.
Buffet, piqueur, à Paris.
Gantebxl, marchand de vins, à Paris.
Gabrii, &bricaia de produits chimiques, à
Paris.
GuaussADE, tailleur, à Batignolles.
Charavay, homme de lettres, à Paris.
GRE3SI6NT, marchand d'habits» rue du Faubourg-
Saint-Antoina, à Paris.
ioiiBiRTAiJX (Eugène), employé, à Paris.
Cent, cafetier, rue Rambuteau, à Paris.
Girard (Pierre-Philippe), implanteur, à Paris. GoTARD, chaudronnier^ à Paris.
GouDOOMiCBB, chef d'institution, & Paris.
HuMOT, dit Robespi9rr$t cordonnier, à Paris.
Henri, coiffeur, à Paris.
Levassëur, horloger, à Gentilly.
Harub, forgeron, à Gharentou.
IIaugir, gérant de la société des fabricants de
limes.
MouuN, cartonnier, à Paris.
RoBUi, chaudronnier, à BatignoUes.
RoGBR, sculpteur, à Paris.
ScHUMACK£R, dit Umri Y, mécanicien, k Paris.
TiLLTBR (Georges) , rédacteur du Figaro»
■ VûiGNiER, m^lre cordomûeri Fue do Provence, à
Paris.
Entre toua, il ivait |»ru Béeeneire dt fttt^per les
membres restants du Comité dit de R''.shtancCj qui, sous la présidence de M. Louis Bonaparte, n'avait cessé de lutter pour la eanae fépiWicaina. D^ià an 1S51, un grand nombre d'entta aux ayaiaoC été candamnè» et
envoyés à Belle-lsle. Uuelques-uns eu étaient revenus et vivaient tranquilles, s'accoutumont tant bien que mal au régime da la surveillance sous la liauta foUce auquel
ilB étaient soumis.
On remua leurs aocisM dossfen tout peudrenz dé-
puis le temps où on ne s'était plu- occupé d'eux. Et le 24 février 1858, à quatre heures du matin, les commissairesda police fiicanl lancés à la recbeMifta de ix>uis coimBs, homme.de lettres; nrcàm PoiiBBRTiOz, employé; FRÉDÉRIC GÉRARD, honimu de ietlieSi CHARDON,
instituteur, et de quelques autres.
Qo. pourra Juger, par ce qui ya fuirre, du sans façon avec lequel on procédait à cette époque.
Les agents se présentèrent chez Frédéric Gérard, traducteur au miuistère de la guerre, savant naturaliste, polyglotte distingué, l'un des collii¥N:ajbeujBs d«i dictionnaire d'Orbigny. fis trouvèMut «ne AniUa m deuil.
doul^imillMftept Mirpriie par l«ar préierm, et qui leur
apprit, à lejir grande blupéfacUon, que celui qu'il» leiier-
GBARDQffy iastitiitour à Mon(ro«9i, q[ui été oonpropiis dao» Traire dite in eovàié d0 réiifjtaiii»» «omiM le citoyea wBÈntMC Gérard, et avait été acquiUé par le jury, était occupé à la diiectiou de son înstilutiaa et (évait repris la publication de ses excelleAta petite iiynaa K9lwaa qui M mam un» «i Ugitiioe répiititîDii. Ce fut là, qu'il M arrêté, pour être ensutte eaipriioooé. Maib gidce aux actives démarches de son frère, officier ^'artillerie distingué, il fui reindu 4 ^ Uimtté i^uelques ^rsaprèa»
UsmamBSBf qui depttii est entré dane U presse niUr taote et qui est l'auteur de ee livre remarquable t la
Grèce antique^ avait senti venir l'orage et s'était mis prudemment en lieu de sûreté. On ne put mettre ia aaîA sur lui.
Tel ne fui pM le iori de rinfortuné meàsm wuaoi'^
TAUX qui occupait alors un modeste emploi à l'imprimerie DulHiisson. fils jdu cordonnier f ombertaux qui iigura sous la nonarobie de JviUet dans un oertaiii aoBabn de proofes politiques, U avaiit é&é* dès soa idus jeune âge pri»
sonnier au Mont- Saint-Michel, où vinrent le rejoindre plus tard Blanqui, Barbès, iiarUn-Bernard et lescon-
damBés de mi 1039.
Cet homme qu'où jujeelt alo» si d«igei6ui>mi(été
si habilement sumillé par la police, qu'on alia le chercher dans un domicile qu'il avait quitté depuis un an ; de là la police se transporta dans un autre domicile qu'il avaitquitté depuis six mois, enfin après deux jours de marches et de contre-marches, on le trouva rue Gampagne-Première en face du cimetière Mont-Parnasse.
Arrêté malgré ses énergiques protestations, il fut écroué à Mazas.
Remise un peu de l*émotlon que lui avait causée Tarrestation de son mari, Mme Fombertauz se rendit à la préfecture de police pour avoir de ses nouvelles. On ne lui répondit que par des sourires d'étonnement : « On ne savait ce qu'elle voulait dire ; aucune personne de ce nom n'avait été transférée là. » Elle se rendit à Mazas, pria, supplia un employé, consulta les registres : la prison ne contenait pas de détenu du nom de Foml>ertaux!
Deux Jours après, lui parvenait une lettre datée de Marseille : voidirtadx avait été immédiatement après
son arrestation, placé dans une voiture cellulaire et expédié par le chemin de fer sans avoir pu dire adieu aux siens, sans autres vêtements que ceux qu'il avait sur le dos et possédant pour toute fortune une somme de quinte eùntUmtf
Quelques jours après, Mme Fombertaux reçut une nouvelle lettre de son mari datée de Sidi-Bel-Ahhès (Algérie) où celui-ci avait été conduit
A Paris, plusieurs personnes s'intéressent à Fombertauxy entre antres M. Guéroult de YOpinion nationaUf
firent des démarches pour le faire revenir. II leur fut répondu que Fombertaux était un homme des plus redoutables» que depuis longtemps la police avait l'œil sur lui, et qu'on ne comprenait pas qu'on puisse s'exposer au danger de s'intéresser à lui.
Fombertaux est rentré en France depuis l'amnistio. Il est aujourd'hui encore employé à l'imprimerie ûubuisson. Que ceux qui le connaissent se demandent s'il eût été capable de prêter les mains, à Orsini ?
Le citoyen Goudounèchi demeurait à cette époque rue de l'Ouest. Le 24 février, à uue heure du matin, il fut réveillé en sursaut par M. Montval, commissaire de police. Goniment la police avaiVelle donc pu pénétrer chez lui ? Bile avait su que la domestique du citoyen Gou« dounèche couchait dans une chambre au cinquième étage de la maison qu'il habitait. Elle y monta, lit lever la domestique qui avait uue clef de i'appartemenU Gelled l'introduisit à travers toutes les pièces Jusqu'à la chambre du citoyen Goudounèche. Le commissaire de police qui connaissait ce dernier, s'excusa de la triste mission qu'il avait à remplir, le mit néanmoins en éta^ d'arrestation et le ût conduire à Mazas, ^
Le lendemain, Goudounèche lût inteirogé, comme il nous le dit lui-même « pour la forme. » Bt le 13 mars il dut monter en voiture cellulaire sans avoir pu voir sa
famille, et il arriva à Marseille le lendenuUn vera trois ^ heures. U faisait partied'on oonvoi qui emmenait trente- 811 républicains.
Le lendemain même de son ai rivée à Marseille, il fut transporté sur un navire à Alger, où il fut enfermé à l'hôtel Laffîte (prison militaire). Il y tomba aialade et après sa sortie de l'hôpital, il fut interné à Médéah. Le citoyen Goudounèche avait fondé à Médéah une école préparatoire pour les deux baccalaur^^ats. Il fut à ce sujet souvent tracassé par la police. 11 est aigourd'hui à Paris, où il est rentré après l'amnistie.
Une autre arrestation sur laquelle nous avons le de^ voir d'insister est celle du citoyen Georges Tillikr, rédacteur du Figaro j iils de Claude Tillier le pamphlétaire. Arrêté à Paris, après avoir été traîné de prison en prison, il fut conduit à la Roquette^ où à son entrée il eut les cheveur tondus et la barbe rasée. Puis après ravoir dépouillé de ses vêtements, on le revêtit du costume des condamnés au milieu desquels on le jeta. . Le lendemain^ on lui mit les fers aux pieds et on le plaça dans une voiture cellulaire où on lui attacha à l'un des pieds une seconde chaîne dont l'extrémité était fixée à l'extrémité de la voiture. Il fut ainsi en compagnie de onze forçats expédiés à Maiseille où il arriva après soixante-quatorse heures de voyage» malade et crachant le sang.
Pendant ce temps sa mère et sa fiancée, qui habit iient
NcrraN» éteiolt pniraulnt slm^emeiit ImpriBOonéfes.
Dé Martefflé il fet truiiporté en ilgdrie et interné à Qradi
On comprend que nous ne voulions pas fatiguer l'atiëntion du léctear par le rébit des arrestations et transportations de chacune des victimes^ qui du reste s'opérèhiaitk pëtt prèa pàHoftX de lu même façoni
Le préfet de la Seine -Inférieure, en 1858, était M. Lmy.
Les victimes sout :
Beaufour, ourdibseur à Rouen.
Bréaht, débitant et tisserand» à Rouen.
NoiBBT» tliisèrand» à Rouen.
(SkATiGitt» fllëfar, à RonèM.
EiC citoyen Beaufour avait été, en 1852 , condamné à cinq ans de déportation à Gayenne. il était rentré depuis 1657, lorsqu'il fut arrêté de hdUVdau en février 1656, emprisonné, conduit en voiture cellulaire à Marseille comme tous ses camarades et de là transporté' en Afrique.
Le citoyen Bréart avait été déjà déporté en AMqpie en 185S ; il le fiit une seconde fois en 1858. Il avait été
arrêté à Ëlbeuf où il était allé pour soigner son père, qui était à son lit de mort.
Le citoyen Noiasi avait été aussi déporté en 1852. Il le faX encore en 1858.
Le citoyen Grationt avait été, en 1856 , condamné à dix ans de prison pour association illicite. Au moment de l'attentat Orsini, il subissait sa peioe à la prison de fieaolieu, il lui eût donc été difficile de conspirer. Il n*en Ait pas moins déporté en Afrique.
On nous signale, dans ce département, nn fait qui se reproduisit dans beaucoup d'autres : L*autorité lança un mandat d'amener contre le citoyen Leprétre, de Caudebec-lès-£ibeuf. Il était mort depuis trois jours. Victime d'un de ces dévouements qu'on ne rencontre que chez les natures généreuses : Dans un Incendie, pour puiser de l'eau, il fallait se placer dans une mare qui était un véritable bourbier. Tout le monde hésitait. Leprêtre lui, n'bésita pas, mais il contracta la maladie dont il mourot juste à temps, pour n'être pas transporté en Afrique.