SOMME
En 1 858, le département de la Somme avait pour préfet M. Mouzard-Sencier. Le général Boyer commandait la subdivision.
Dans la plupart des départements, nous avons déjà eu occasion de le signaler, il y a eu au moins quatre transportations. A ce point de vue* la Somme fut privilégiée; ce département n'en eut que deux.
J. P. Chevalier, pharmacien à Amiens.
Isidore Thuiixier, marchand de bois à Amiens*
Chevalier, savant distingué, auteur de plusieurs livres remarqués, était né à Saint-Pol en Artois en 1806»
I>e bonne heure, il fut signalé pour son dévouement à la cause démocratique et républicaine. Dès avant 1830, . comme aux journées de Juillet, il combattait contre la dynastie des Bourl>ons. Pendant tout le temps qu'a duré le règne de Louis-Philippe, il ne cessa de travailler pour la république. Il habitait Amiens depuis 1836, lorsqu'éclata le révolution de Février. A cette nouvelle, il se rend à Paris pour prendre part au mouvement. C'est lui qui se mit à la tête d'un grand nombre de citoyens, et alla désarmer le poste du chemin de fer du Nord.
S'étant fait ouvrir les portes de la gare^ il s'approcha do capitaine de la compagnie et lui parla en ces
termes :
« Capitaine, au nom de la nation, je réclame vos armes pour la défense de nos droits et de nos libertés.
— Nous ne pouvons, monsieur, répondit le capitaine, TOUS donner nos armes, mais nous allons en enlever les batteries, pour vous prouver que nous n'avons pas l'intion de tirer sur le peuple.
— Gela ne suffirait pas, repartit Chevalier, car les batteries seraient bientôt replacées. D'ailleurs, il nous fàut des armes pour combattre les ennemis du progrès et des institutions lit^éraljES, et, qqpii fi^ (a i^^tiona je vous , engage i4épp8^r|p4vôtre9. ^
— Ouil Oui! s*écria de toute part la multitude qui avait accompa<?né Chevalier.
Ces cris décidèrent les soldats à se rendre à la sollicitation du peu[)ie, qui alla alors attaquer la caserne Poissonnière et suivit ainsi sa marche victorieuse, sanseAlsion de sang, jusqu'aux Tuileries, où habitént ordinal* rement ceux qui disposent des destinées du pays *. »
Chevalier revint ensuite à Arr iens, où le parti réactionnaire qui,parall-îl, y est fort puissant, lui fit subir toutes sortes d'âvaaies. U n'en soutint pas moins courageuséroent la lutte. jusqu'au 1 décembre, époque à laquelle il