‹ Les suspects en 1858; étude historique sur l'application de la loi de sureté générale; emprisonnements - transportationsChapitre 39 sur 53 · INDRE · texte numérisé non relu

INDRE

Le préfet de ce département était M. de Booville. Six arrestations; nous ne pouvons donner les noms que de cinq citoyens :

Paturbau FiuNCQnm, ancien maire de Châteauroux.

E. Perigois, propriétaire à la Ciiâtre. ■ Lelièvrk, sellier à Issoudun.

Ch. Brufaud, ancien sous-commissaire de la République.

ArthAme Plat, docteur-médecin h Hartesay.

Le nom de Patureau Francoeur n'est inconnu de per- 8onne« La plume éloquente de Mme George Sand l'a rendu célèbre. Patureau Francœur, simple vigneron, honnête et intelligent entre tous^ exerçait par sa moralité et sa bienveillance un ?ra!id ascendant sur la populaLioii ouvrière de Cliâteauroux. Deux fois candidat à la représentation nationale sous la République, un instant maire de GhÂteauroux, il avait maintenu la paix publique et protégé

même tes ennemis. Transporté en 185i, U avait déjoué tontes les poursuites et ne s'était constitué cpie volontairement prisonnier. Il était parti comme tant d'autres

pour l'exil. Pendant ce temps, ses amis cultivaient ses vignes. Il avait pu rentrer en France grâce à l'irittirvention de Mme Sand qui, dans lieaucoup de droonstances, nous avons bien le droit de le £re en passant, ne sut pas assez respecter la consetence de ses amis, comme le jour où elle ne craignit pas d'aller demander au président la grâce de Greppo et de Marc Dufraisse. Quoi qu'il en soit, c'était là pour Patureau Francœur un titre suffisant en 1858y pour fue ]e| sévérités gouverBementales s'appesantissent sur lui. H Ait donc aussi arrêté et transporté. Il est mort en I&6Ô, laissant sa Camille presque dans l'indigence*.

E. Perigois est un riche propriétaire de l'arrondissement de iaGhàtre, républicain dévoué «jui, en 1848, a été secrétaire général de la préfecture de nndre. En 185S il avaft étéeillé, et après avoir vécu successivement à Bruxelles et à Turin, d'où il était revenu grâce encore à llotervention de Mme Sand, il s'était uniquement consacré à ses affaires. Mais n'avait-il pas dans son passé, comme 11 nous le dit lui-même, toutes sortes de titres à ne pas être oublié par la nouvalte persécution t.

Le jour, où Tordre arriva à la Châtre de J'arrêter, il était allé chasser h la campagne, cliez un de ses amis. . 11 sortait de table quand un autre de ses amis arriva à cheval le prévenir qu'on s'était présenté ches lui pour - Farréter. Les gendarmes me suivent, ajouta ce dernier* vous n'avez que le temps de vous sauver. On entendait en effet déjà le galop des chevaux et le firuit des sabres. 11 ne^rit cependant pas la fuite et fut emmené par les gendarmes à la Châtre, d*a|>ord ches lui où on proeéôa. à iine sorte de visite dom iciliaire, puis à la prison.

Après un mois de secret, il lui lut possible de voir sa famille^ puis une nuit oa vint i'é veiller eu sursaut, et ou l'emmena entre jm gendarme et un commissaire de po* lice à Châteauroux où il fut écrouô dans le pénitencier de cette vjUle. Pendant son séjour dans la prison de la Châtre, il avait reçu la visite « d'un petit secrétaire » de la préfecture qui lui parla un peu de tout, mais lui faisait surtout un grief de ce que son nom, aux dernières éleo» lions, 8*était trouvé dans les urnes, sans môme qu'il se fCtt porté*candidat.

Les nouvelles démarches de Mme Sand en sa faveur n'aboutirent qu'à cliangdr sairansportatiou en exil.

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