GARD
Le préfet du Gard était M. Pougeart-Duiimbert» préfet
des Pyrénées^Orlentales, an 8 décembre.
Les victimes sont :
IIamte, cultivatear ;
Malibrand, ouvrier chapelier; TouRBiLLE, dit Narbonns^ de Yergèse, tailleur de pierres;
' FAURB,ditGAMAiu>, commissionnafre; .
DncAMP, directeur de la compagoie d'assurances
le PfUJiix, k iSîmes. * '
Hantb, Maubrand, Tourbillb et Faurs, tous quatre républicains déTooés, furent arrêtés )e i4 février, emprisonnés, et quelques jours après, transportés en voiture cellulaire à Marseille, et de là conduits en Afrique.
On pensait, dans le Gard, que ces mesures de rigueur étaient suDÇsantes, et qu'il ne serait plu9 fait d'au^s victimes. Cependant, à U glande st^p^f^cKon 4e tons.
on apprit, le 81 avril suivant, c'est-&-c|ire près dë deux mois après les premières arrestations, que le citoyen ÛucAMP venait d^être également empr^qno^, et emmené» la c()atne au cou, à Marseille, et de là transport^ en 4^1* ♦que.
Après beaucoup de peine, le citoyen Eugène Ducamp, ,qui était revenu de Suisse où il s'était réfugié après le coup d'Ëtat, était parvenu \ se créer à Ntmes un^ position brillante» et il vivait entouré de l'estime et de Taf- .fection de tons, lorsqu'il fut brusquement arraché inopinément à sa famille, à ses affaires, et conduit en Afrique au milieu d'un convoi de voleurs qu'on trapsportait à la maison centrale de Lambessa,
Quelques jours après, grâce à de hantes Influences, M. Duplan, maire de Nîmes, fut nommé en lieu et place de M. E. Ducamp, directeur de la compagnie d'ansurances h Phénix. La position rapportait» bon an malan, vingt- . huit mille irancsl
A la vérité, nous le reconnaissons, ce n'était pas ce qui pouvait constituer un titre au citoyçn pjqcamp.
flAUTfi-GARONN&
Ce département, et surtout son chef-lieu, Toulouse» a de tout temps été regardé cQmmç le cçntre d'une opposi-
tion ardente, fille de ses souvenirs parlementaires, et a toujours marché à l'avanb-garde de cette grande armée libérale qui s'est donné pour mission la conquête des libertés politiques, patrimoine inaliénable de la France de 1789. n y avait donc là des citoyens à frapper; leur nombre est respectable :
Muu^ ancien représentant du peuple;
Pégot-Ogikr, ancien représentant do peuple ;
Rolland, tailleur de pierres;
Gaillard, cordonnier;
Grillom, boucher ;
Gazalas» chapelier ;
RmftRB, cordonnier;
Vidal, cordonnier;
MiLHAUDy marchand d'allumettes.
GoDOfniB. V
Le 25 février 1858, au matin, Toulouse apprit avec stupeur que le citoyen Mulé, ancien représentant du peuple à l'Assemblée constituante» avait été arrêté dans la nuit. Huit citoyens honorables partageaient sa captivité. Presque tous, ils s'étaient flût remarquer par leur attitude énergique dans la période électorale de 1857, par leur passé politique, ou seulement par la notoriété de leurs opinions démocratiques :
Le citoyen Rolland, ancien transporté de 1851, fait
aux luttes de ropposition depuis son jeune âge, et mêlé à tous les mouvements sous la Restauration et sons Louis-Philippe ; le citoyen GUillard, propegandiste zélé, actif, intelligent, frappé en 1851 par la commission mixte ; le citoyen Grillon, caractère énergique, nature loyale et généreuse ; le citoyen Gazalas, homme honnête, craellement éprouvé par les luttes politiques, dans sa personne, dans ses biens, dans sa santé; le citoyen BiYiiRE, travailleur éiiierite, liomme d'action; le citoyen • Vidal, modeste et probe; le citoyen Milhaud, aux trois quarts aveugle, et inconnu de ses codôtenos au moment de son amstation; le citoyen GoooFmi
Les citoyens ainsi mis en état d'arrestation, toent écrouésàla prison Saint-Michel. Ils y arrivèrent successivement, un à un, avant le jour, avant que personne pût être témoin de leur enlèvement.
Envers la plupart, on était parvenu avec plus ou moins d'habileté, à pénétrer dans leur domicile. Les arrestations s'opérèrent, nous dit celui de nos coreligionnaires qui nous fournit ces détails % sans violence; quelquesunes cependant ne (tirent pas exemptes de brutalité; et .l'on pourrait citer les noms de quelques citoyens qui, sans qu'ils eussent fait mine seulement de résister, se virent menacés des menotes. Les commissaires de police
1. Le citoyen Ântonin Mulé, fils de l'ancien représentant du peuple de ce nom.
ii*ez|iibèreiit pas de mandat d'ameDer, montrèrent
quelque embarras en dédînant la mission qu'ils étaient chargés de remplir. Il en est même qui poussèrent la naïveté jusqu'à dire à celui qu'ils arrêtaient : < Je sais bien qqe fous n'avez rien fait de mal, mais j'ai ordre de yoos arrêter et je vous arrête. ^
Dès que les portes de la prison se furent refermées sur eux, les nouveaux venus subirent un traitement indigne, qu'on réserve d'ordinaire aux voleurs de profession : on retournai leurs poches, et tous leurs vèMients devinrent l'objet d'une fouille minutieuse. Une fois visités, on les lit monter dans une chambre où se trouvaient une trentaine de lits, une obscurité complète régnait dans cette salle ; U était trois heures din matin. Les détenus se dirigèrent à tâtons 4ws çettç vaste pièce, cherchant un lit pour se coucher. Tous les lits étaient vides à une exception près : certain personnage équivoque, allongé sur une de ces couchettes, faisait semblant 4e dpr^^ ai|z inter^ rogations pressantes dont il fût sur-le-champ accablé» il répondit évasivement en balbutiant, et quelques jours après il devait avouer que, posté là par la police, il étai^ chargé d'enregistrer les propos que manquent rarement • d'arracher aux prisonniers nouvé^ement incarcérés rçffroi ou rirritatioQ d'une captivité inattendue.
D'ailleurs, ce ne fut point là Tunique tentative d'espionnage essayée sur les détenus politiques toulousains. Dans le quartier oi!i ils furent transférés, le lendemain
même de leur incarcération, ils se trouvèrent en contact avec un habilariL do la prison, lequel no tarda pas à être reconnu psur l'un d'eux ; c'élai| un ancien agent 4e police condamné & 9)x mois 4e prisoii pour outrage aux mœurs. Cet homme, touché par les bons procéclés 4e ses codétenus, qui partageaient avec lui les aliments envoyés par leurs familles, n'hésjta pas 4 d^cjar^r, au bout de quelques Jours, que sa présence dans ce quartier n'avait d'autre but qu'une suryelllance active à Tendroil; de ses compagnons d'infortune, et qu'une diminution cje peine devait être le prix de sa complaisaiice et do sa délation : « Mais, s'écria-t-il résolument, sa confession aclievée, je
n'oserai jamais ac^^eter ma grâce au prix d'un menson|[e, car, appelé à rendre compte de ma mission, je ne pourrai que porter témoignage de voire innocence et de votre probité. »
Hui^ jours apr^ (eur arrestation, les 4é(enus poU^f ques fièrent mandés 4evant un fonctionnaire, qu'ils trouvèrent Installé devant une table, dans la loge du concierge
de la prison; un commissaire de police assistait ce personnage, que chacun d'eux se hâta de qualiûer de juge d'instruction et qui n'était a^^tre, cependant, que M* <|e Binos, inspecteur des prisons de la llaute-Garonoe. Ce fut sous le couvert de ces formes protectrices de la justice, sous la garantie de ce droit de nouvelle espèce, appliqué par un (ooctionniiire 4e Tordre a4in|nistratif, que se 4éi^iiia un interrogatoire |n^|icuïeus pj)| chaque pré-
venu dut répondre à .son tour à Tabsurde accusation d'affiliation à une société secrète et à Taccusation plus alisurde encore de complicité dans l'attentat Orsini. Inn- -
tile d'ajouter que M. de Binos et son assesseur, le commissaire de police, en furent pour leurs frais d'enquête tt que cette contrefaçon d'instruction crioiinelle n'ayant pas obtenu, le succès espéré, ne fut pas poussée plus loin.
Peu après, le citoyen Pégot-Ogter, propriétaire, ancien représentant du peuple à l'Assemblée constituante, arrêté le S5 février, sur son domaine de la Pogue, h Fonsorbes, canton àg Saint-Lys, et incarcéré dans la prison de Muret, était réuni à ses amis et coreligionnaires, dans la maison d'arrêt de Toulouse.
Dans la s^nde quinzaine du mois de mars, le directeur de la prison annonça aux démocrates toulousains qu'ils étaient désignés pour la transportation en Aftique; le 21 n^iars, ordre leur fut siguiilé d'avoir à se tenir prêts à partir.
Les parents, les amis des proscrits accoururent en toute hâte à la nouvelle de cette condamnation sans jugement. Ce (tarent des scènes déchirantes, qui remplirent la prison de gémissements et de sanglots; l'émotion avait gagné jusqu'aux geôliers eux-mêmes, si blasés qu'ils soient sur le spectacle des douleurs humaines. Ce qui poignait le coeur des proscrits, c'était bien moins la perspective des épreuves personnelles qui les attendait sur
la terre d'exil que le tableau du désespoir et de la misère qu'ils laissaient derrière eux; prestpie tous, en effet, étaient des ouvriers Tiyant an Jour le jour ; eux partis,
leurs femmes, leurs enfants, qu'allaient-ils devenir? Peu ou point de ressources à la maison, dont ils étaient le gagne-pain 1
Le déchirement de ]a séparation et des adieux se^com* pliqua tout à coup d'un incident qui menaça de prendre
(le très-graves proportions. On vint annoncer aux républicains toulousains qu'ils allaient faire le voyage en voitore cellulaire. Cette idée de prendre place dans l'ignoble véhicule qui sert au transport des forçats leur fit monter le rouge au front, et révolta leur conscience d'iiommes d'honneur. Dans un éclat de commune indignation ils se promirent de résister par la force au traitement ignominieux qu'on ne craignait pas de leur infliger, et il ne fallut rien moins que les supplications ardentes de leurs familles, affolées de terreur à l'idée du danger qui les menacerait dans leur rébellion contre les agents de la sûreté publiqûe, pour se laisser imposer une humiliation contre laquelle protestait avec eux l'opinion publique tout entière.
Ce fut dans la nuit du 22 mars, et à deux heures du matin, que les proscrits de Toulouse prirent place, au nombre de dix, dans les voitures oelluhûres. Les abords .
de la prison Saint-Michel étaient gardés par des détache» ments d'infanterie : les ténèbres et le silence de la nuit
hreot les complioes de cet enlëTement; les voitiires cellulaires, hudiées sur des wagons t>Iats, piîreiit la Wte de
Marseille.
Dans le cours de ce triste voyage, l'impéritie et Timprôvoya&ce des agents de l'autorité faillit provoquer une catastrophe. Gela se passait dans la gare de Cette, att moment dû changement de ligne, qui s'opère en cèt endroit. Les wagons qui portaient les voitures cellulaires, n'avaient pas été garés et se trouvaient sur la voie, exposés au choc des trains en marche. Heureusemeiit, un chef d'équipe, homme de cœur et de résolution; s'aperçut à temps du danger couru par les transportés ; mû par un sentiment d'humanité qui est l'honneur des honnêtes gens dans toutes les conditions, il devança l'heure de sa be-^ sogne accoutumée et à deux keures du matin, requérant quelques hommes de bonne volonté, Il travailla de pic et de levier à transborder les voitures cellulaires de la ligne du Midi sur celle de la Méditerranée. Au moment où ce traosbordement venait de s*accomplir, le train de Marseille s'élançait à toute vapeur sur la voie' fertée !
Le 24 mars, & une heure après' midi, le train arriva à Marseille et s'arrêta au bas du fort Saint-Nicolas. Le voyage avait duré quarante -huit heures! Quand il fallut descendre» le citoyen Pj^got-Ogibb, sexagénaire d'une
haute statare et d'uhe forte corpulence, ne pût parvenir
à se mouvoir, ses jambes étaient enflées et on dut le porter à bras jusqu'à destination. Le citoyen Mulé, la vue
obscatdK, leoemau eongestioimè, hè pouvait pà^àir à
mettre un pied devant l'autre, ses jambes, s'étant brus- C[uement dérobées sous son corps, il se laissa cheoir du haut de la voiture cellulaire, et sans lë citoyen Gaillard, qui le reçut dans ses Ivras, il se hrisaitle crâne contre les )»lèrres de la route.
Au fort Saint-Nicolas, les démocrates de Toulouse trouvèrent nombreuse compagnie : c'étaient leurs compagnons d'infortune, ténus de tous les coins de la France.
lie lendemain de son arrivée au fort Saint-Nicolas, le citoyen Pégot-Ogier recevait la nouvelle qu'il était libre. 11 embrassa ses amis et retourna immédiatement chez lui.
Le â7 mars* les citoyens Mulé, Gaillard, Grillon, GodoffireetGazalas s*embarquèrent sur le paquebot des messageries impériales VOisif, qui faisait le service de Marseille à Tunis. Ces cinq citoyens furent internés dans la province de Uonstantine. Les citoyens Rivière, Roland, Vidal et Milliau, furent dirigés sur la province d'Oran et celle d'Alger.
De longs mois après, tous ces courageux et énergiques citoyens sont rentrés dans leurs familles, aprèsavoir subi les douleurs et les tristesses de l'exil. Plus d'un a trouvé à son retour l'infortune et le deuil installés Soûs son toit : la lutte de la vie ëst piiéihê d^amértùiiâlè, et fé cliémin que traverse l'homme politique est semé de ronces et d'épines. Le citoyen Mulé, qui espérait retrouver à son foyer
sa courageuse compagne des bons èt des ûiabVais jourS|
n'a plus trouvé qu'une place vide; sa femme ^sit morte treize jours avant son retour.
Deux n'ont pas revu le ciel de leur pays natal : Hilbau, encore anjourdliu! exilé volontaire, et Rivière, que la mort a fauché avant l'heure.
L'Afrique a gardé la dépouille de Rivière; ses amis conservent au fond du cœur le souvenir de ce travailleur modeste et laborieux, soldat intrépide du devoir, martyr obscur de la plus noble et de la plus sainte des causes.
G£as.
Le préfet du Gers en 1858 était M. Féart. Huit citoyens de ce département furent transportés.
Yoici leurs noms, sauf celui d'unseulque nous n'avons pu retrouver.
Abbitbtz, négociant à Auch.
LuciBN Lakarque, avocat à Gondom.
Ayuès, chapelier à Fleurance.
PuGENS, vétérinaire à Laverdens.
LABATy négociant à Mirande.
Pascau, avocat à Mirande.* BiUBons, propriétaire à Hasseube.
biyiiizeo by <^OOgle
Le 24 février 1858, comme partout, tant on tenait à célébrer cet anniversaire, le citoyen Lahabque comme tant d'antres, après le long exil qu'il eut à subir lors du 8 décembre, vivait paisiblement au milieu de sa famille, fort peu préoccupé des choses politiques, lorsqu'il fut violemment arraché de la maison de campagne de ' TuQ de ses anciens amis et camarades d'exil chez le(ruél, depuis son enfiince, il avait Tbabitu je d'aller fréquemment, et conduit à grand fracas à la prison de Condom. Il y fut inis au secret le plus absolu, et ce n'est que le huitième Jour que sa famille obtint, comme une faveur insigne, l'autorisation de le Toir pendant quelques instants, en présence du gardien de la prison.
II demeura daas cette situation penJant vini^t jours, ' ne sachant rien du dehors, ignorant les motifs et la cause de sa séquestration et sans subir d'interrogatoire, à moins qu'on nomme ainsi une visite domiciliaire fidte dans ses appartements par le procureur impérial, et deux du sous-préfet de Condom, M. Jarry-Paîllet, ne sortant pas d'une chambre à peine assez vaste pour contenir un lit, sans livres, sans plumes, sans encre, sans papier, sans rien pour le distraire, ne voyant que le concierge.
Aux tortures matérielles qu'il subissait, M. le souspréfet de Condom vint y ajouter des douleurs morales. Sa conversation pleine de réticenceset d'une solennité emphatique, laissait Lamarque dans la plus cruelle des incertitudes, sans compter que le peu de respect de ce
fonctionnaire pour la position de Lamarque, son oubli de toutes convenances étaient faits pour le blesser profondément. On peut da reste apprécier le sens moral de ce sous-préfet par les deux droonstances suivantes : aux personnes qui lui demandaient la pertnf ssion de yoir Lamarque, il réportdait : « Que M. Lamarque m'écrive, » et c'est lui qui avait expressément défendu qu'on donnât au prisonnier dlBS plumes, dë l'encre et du papier 1... Une autre fois; après avoir demandé à Lnmatqne> d'il faisait partie de sociétés secrètes, et s'il savait <iu'il en exisiftt h Condom, sur sa réponse négative, il eut l'inconvenancede lui dire, ce qu'on ne dit, comme nous le fait remarquer le citoyen Lamarque lui-même, qu'à des gens de la pire espèce: qu'en se Aûsant dénondateur des membresde ces sociétés secrètes dont l'existence venait de lui être niée, il amoindrirait la gravité de sa situation I...
finlin le vingtième jour, Lamarque fut xéveiilé en sursaut à dix ou onze heures du. soir, et enlevé de sa prison de Gondom, saiis savoir ob on le conduisait, sans avoir pu obtenir d'aller embrasser sa famille, sans argent, sans autre vêtement que ceux qui le couvraient, et ce n'est ' qu'après être sorti de la ville qu'il vit qu'on le'dirigeait sur Lectourô où il arriva «ntre une et deux hëures du matin. U Ait conduit à la maison d'arrêt, et instantanément enfermé dans UR cachot humide où ne se trouvaient qu'une paillasse immonde et un baquet Infect. 11 demeura debout Jusqu'à dix heures du niatiB| heure à laquelle
M. IMoHàl Miie-préfét i Ldètbtîre, vint lui silnifier M iiîtèriibllieilt én Algérie.
Lamarqiie trouva dans la prison de Lectoure Ayliès de Flôurance, et ils attendirent ensemble quatre ou cinq joiirs ViAniêe ûé la voil;ûre céildlaire. dé délai, dû à iiii . M:6AÛi arUTëà cette Toiiiire; léar jpéiMi ik &irèiayoir à letarU filihillès; plon^ëek iianj là t)liis à^réus^ désolation, où ils étaient. Par un rafflhemènt de rigueur vraiment inexplicable^ on les avait tenues à leur ^ard dans un état d'ignorance complète.
Léléiidéyttiiâe Kéiilèvïdiéiit clknaéstin île tikin- QUE de la prison de Condom, lorsque sa domestique se présenta, selon son habitude, au guichet pouirlui apj3ortaràcUijetuier, le concierge Itii tét>ondii : « que c'était inntilé, que; doréikàTant, c'était loi ^ui se iÀai^gerkli de nininir èoii maître ; et que la famille de celiii-cl ne pourrait plus le voir, que du reste on fût sans inquiétude, qu'il se portait bien. »
Sans l'accident arrivé à la voiture cellulaire» LamaN quéitaitëipèdiéén Afrique siîns ^gelii, iHàik lèlémebis, sans linges de corps, ei sâns qiie sa famille siiiiie était devenu.
Enfin la voiture ceUoiaire arriva, Atuks et lui» y furent imidédiateinent <nce2ft&. Ën (lassini daiii le coulèlr ils a^ënt pu servir lés ikatns dé leurâ éompagiiotis Akni-^
VËTZ, PUGÉNS et liABAT.
Us restèrent cinquante-quatre heures dans ces âffireu-
ses cellules, et encore durent-ils à la bienveillance de leur conducteur de n'y pas rester vingt-quatre heures de plus; car celui-d ayaît ordre d'ajler compléter son chargement à Perpignan. Hs obtinrent de lui qn*au lieu de les conduire de Narbonne à Perpignan, et de les ramener de Perpignan à Narbonne, il les laissât à la prison de cette dernière ville où. ils purent reposer leurs membres endoloris, couchés péle-mèle avec des repris de Justice. Enfin ils arrivèrent au fort Saint-Nicolas à Marseille, où ils furent incarcérés.
Le jour, ils étaient entassés dans des cours étroites, et la nuit dans des casemates infectes et humides. La nourriture^ et quelle nourriture 1 leur était apportée pour dix dans des baquets comme à des chiens. Leur situation au fort Saint-Nicolas était tellement intolérable qu'ils aspiraient tous à partir, bien qu'ils ignorassent le traitement qui leur serait infligé en Algérie, et que s'ils jugeaientravenir par le présent, ils ne dussent pas avoir grand espoir.
Les départs avaient lieu, comme on sait, par escouades de cinquante à soixante, tantôt pour june province, tantôt pour une autre. Afin que l'absence de la patrie et de
la famille fût plus douloureuse, les transportés de chaque département étaient divisés entre les trois provinces. Ar- RivETz, Atuès etLABAT partirent les premiers pour la province d'Alger; puis Pogbns etLAMARQUB peur la province d'Oran.
Débarqué5à Menhel-Kébir, ils furent cmrnés aux Bar** raqueSf où de là ils Anrent dirigés, Pugens et Lamarque du
moins sur Tlemcen.
Un fait qui mérite d'être signalé se passa dans la transportatioD d'ÂYUÂs : Il était interné à Medéah. Ayant obtenu en septembre 1858 d'aller habiter Alger, il dut se munir d'un passe-port. Sa surprise fut grande lorsqu'il lut sur ce passe-port que pendant tout le temps de son séjour à Médéah il avait reçu des subsides en argent, vivres et vêtements : il n'avait rien regu du tout!
Le citoyen Ayliàs est mort en Algérie,
C'est là qu'ils vécurent jusqu'à l'amnistie sous la loi militaire, loin de leur famille, sous un climat insalubre, au milieu de préoccupations constantes et avec ie regret d'avoir perdu leur patrie.
Après leur départ, la justice gouTeroementale ne se trouvant pas encore satisfaite, les citoyens Pascau, Breuils, et un ouvrier d'Auch furent arrêtés et également transportés, en Afrique.