EMPRISONNEMENTS ET .TRANSFORTATIONS DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD
Aisne, Aube, Kure, Loiret, Nord, Oise, Seine-et-Oise, Seine,
Seine- Inférieure, Somme.
AISNE Ce département compte au moins une victime :
Benjamin Gastineau^ rédacteur en chef du Guetteur de Saint-Quentin,
Le 24 février 1858, entre minuit et une heure du matin, huit gendarmes, à la tête desquels se trouvait le capitaine de gendarmerie de Saint-Quentin, envahirent la maison où demeurait le citoyen Benjamin Gastinbau^ rédacteur en chef du Guetteur de Saint-Quentin, qui fut conduit sous cette escorte à la maison d'arrêt de la ville. Le
capitaine n'était porteur d'aucun mandat. Aux questions de Benjamin Gastineau il répondit que l'ordre^ de son arrestation était arrivé de Paris par dépêche télégraphique. M. Benjamin Gastineau avait été déporté en Afrique en 1852; il faisait partie à cette époque des proscrits du Gers.
Le lendemain, Timprimeur et les amis de Benjamin Gastineau le cherchèrent pour rédiger le journal, et ils n'apprirent que deux jours après sa consigmition clandestine à la maison d'arrêt»
Après être resté un mois au secret à la prison de Saint- Quentin, Gastineau riBçut notification d'une pièce qui, déclarant sa présence en France dangereuse pour la su- * reté publique, décidait qu'il serait transporté en Algérie.
« En réalité, nous écrit-il, ce n'était pas ma présence qu'on redoutait, mais le journal que je rédigeais et qui fut supprimé peu de temps après, comme n'ayant pas de rédacteur en chef »
De Saint-Quentin, Gastineau fut conduit en voiture cellulaire à Paris, déposé à la préfecture de police, puis de là à la prison de la Roquette où, malgré ses énergiques réclamations, il fut rasé et tondu comme les condamnés aux fers.
Quelques jours après, le citoyen Gastineau, placé de nouveau dans la cage d'une voiture cellulaire, fut conduit à Marseille, déposé, au milieu de tant d'autres républicains, au fort Saint-Nicolas, et de là transporté en Al-
gérie dans la province de Gonstantine où il fût interné A la Galle, sur les frontières de la régence de Tanis . Son crime î il n'est pas bonapartiste.