LOIRET
Le préfet de ce département, en 1858, était M. Bossely. Parmi les victimes, dont nous n'avons pu nous procurer tous les noms, on compte :
FoHGEAT, ébéniste à Château-Renard.
Mme Jârrëau, née Suzanne Grenoti, fermière i
Batylli, commune de Briare.
Jacquemard, cQUtélier à Gien.
Beaupin-Paris, marchand de nouveautés.
NoRBfAND dit Simon, cordonnier à Montargis.
Brunet, à Orléans.
Le citoyen Forgeât était un ancien commis voyageur, excellent homme, bon démocrate qai^ en 1858, s'était établi comme ébéniste, à Château-Renard.
Mme Jarreau était la femme d'un gros fermier de Briare, qui avait été transporté à Gayenne, en 1852. Le mari était de retour depuis un an, en 1858, mais il était malade et alité. On jugea convenable de le remplacer par sa femme, qui était seule, à la tête d'une vaste ex* ploitation qui occupait de vingt à vingt'KÛnq domestiques. Quel crime pouvEÛi-on Ini reprocher? Ses compa^
gnoQS dlsfortoiie a'ost jamais pu en dé oiuiii r qu'un seal : ea I^i, elle arsit été arrêtée et enf eimée i la prison Sanii-Lazare, i Paris. Elk j aTait connu PaD- LVfz Rglâsd, et elle s'était chargé» de renfmt de œlled. Le pamTe enfant, né maladif, ne Técol pas, et 3lme Jarreao lui arait iait faire â Briare mi entorement cooTcnable aaqcd la contrée tout entière s'était lait nn deroîr d'assister. Mme Jarrean était eUe-méOM mère de trois enfants.
Le citoyen Jacqueiiard était conteli^ à Gien. Nous croyons saroir qu'il arait déjà sobi les rigueurs du pou- Tmr en décembre 1851.
Le citoyen Ban!f et était, si nous ne nous trompons, un négodant d'Orléans, qui fut, ainsi qu'un certain nombre d'autres dtoyens, arrêté mais relâché quelques jours après.
Quant à Mme Jarreâu et aux citoyens Forgeât et Jacquemard arrëlés en février 1858, ils furent transportés en voiture cellulaire à Marseille.
Mme Jarreau montra lors de son arrestation et pendant tout le temps de la transportation un grand courage, et ne contribua pas peu à relever le moral abattu de ses compagnons de malheur. Elle fut internée àDjidjelly où elle fut employée chez M. Martin, comptable de l'armée.
Le citoyen Forgeât fut interné à Tlemcen. Le navire qui l'avait transporté de Marseille à Oran se nommait
— 14b — h Sakel. Le convoi dont il faisait partie, se composait de 59 proscrits, parmi lesquels se trouvaleot entre autres deux curés dont nous n'avons pu malheureusement nous procurer les noms.
Le citoyen Jacquemard fut interné à Bougie, dont le commandant supérieur était M. Augerand, lieutenant colonel d'artillerie. Le convoi dont il faisait partie, composé de 20 proscrits, débarqua à Bougie dans la nuit du 8 au 9 avril 1858. Ils y furent reçus par le capitaine Coteile et des gendarmes.
Deux tentes adossées à un palmier, avaient été dressées pour les recevoir. Us s'y installèrent avec lenrs bagages. Sous ces tentes, il n'y avait que la terre pour les reposer de leurs fatigues. Néanmoins la gaieté française l'emporta et ils nommèrent leur logement un peu léger, YUul du Palmirr.
Le lendemain, le capitaine Coteile les lit amener & la gendarmerie. Il leur demanda s'ils avaient des ressources et s'ils aceeptaiejtt les vivres et les subsides. Ils acceptèrent naturellement tous, et il leur fut erjointde se présenter chaque matin à la gendarmerie. Puis on les engagea à se procurer rapidement du travail, car les vivres et les subsides ne devaient pas leur être accordés pour longtemps.
Quelques jours après, quelques-uns d'entre eux ayant trouvé de l'ouvrage, les subsides et les vivres leur furent retranchés. Quant aux autres, il leur en fut alloué jus-
qB'au 80 mfti, après quoi ils dureût TiVft dél^ géùitÉdosités de leûH camaMidès.
Le lendetnain de leur arrivée k ÈoUr^e, lé cito^M (ks- TALDi, avocat napolitalo qui faisait partie de lèbr cdD>rt)i9 (M ettvoyé à Sétif.
Ceux qui s'étaîeat procuré de l'ouvrage et ()[ttî Venaient à en khanqtier, réclamaient en vam dèé vivriez lét des subsides. Le maréchal des logis PhUippe méiiaçà, mi jour, le citoyen Jàcquemard de le mettre à abd^eU kader (la prison), s'il se permettait encore de réclamer et d'emM^r ainsi à ce sujet le colonel Augerand.
Le citoyen Beaufin-Paris faisait aussi partie du convoi des transportés du Loiret. Il fut interné à Tlemcen.
n en fut de même du citoyen NomtAiiD. Il fut interné à Bougie.