GERS
Le préfet do Gers en 1858 éUit M. Féart. Roit dtdTeoi de ce députemeot furent transportés.
Voici leurs Doms, sauf celui d'uD seul que doiu D'aroos pu relrouter.
Ahhitbtz, Dégociaut à Auch.
Ldcien Lamahqde, avocat à Condom.
Atuâs, chapelier à Flcurance.
pDGEHs, vétérinaire à Laverdens.
Labat, Dégociant â Hirande.
Pascau, avocat à MJrande.
bREuiLS, propriétaire à Hasseube.
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Le 24 février 1858, comme partout, tant on tenait à célébrer cet anniversaire, le citoyen Laharque comme tant d'autres, aprësle long exil qu'il eut à subir lors du '' B décembre, vivait paisiblement au milieu de sa famille, fort peu préoccupé des choses politiques, lorsqu'il fut violemment arraché de la maison de campagne de l'un de ses anciens amis et camarades d'exil chez lequel, depuis son enfance, il avait l'habitude d'aller fréquemment, et conduit à grand fracas à la prison de Condom. H y fut mis au secret le plus absolu, et ce n'est que le huitième jour que sa famille obtint, comme une faveur insigne, l'autorisation de le voir pendant quelques instants, en présence du gardien de la prison.
11 demeura dans cette situation pendant vingt Jours, ne sachant rien du dehors, ignorant les motifs et la cause de sa séquestration et sans subir d'interrogatoire, à moins qu'on nomme ainsi une visite domiciliaire faite dans ses appartements par le procureur impérial, et deux du sous-préfet de Condom, M. Jarry-Paillet, ne sortant pas d'une chambre à peine assez vaste pour contenir un lit, sans livres, sans plumes, sans encre, sans papier, sans rien pour le distraire, ne voyant que le concierge.
Aux tortures matérielles qu'il subissait, M. le souspréfet de Condom vint y ajouter des douleurs morales. Sa conversationpleine de réticenceset d'une solennité emphatique, laissait Lamarque dans la plus cruelle des incerlitndes, sans compter que le peu de respect de ce
— MO — fonct)oiuiair& pour la position de LamarqiMr son oublr 4e toutes convenances étaient faits pour le blesser profondément. On peut du reste apprécier le sens moral iJe ce sous-préfet par les deux circonstances suivantes : aui personnes qui lui demandaient la permiasioo de voir Lamarque, il répondait ; ■ Que Jil. Lamarque m'écrive, • et c'est lui qui avait expressément défendu qu'on donnât as prisonnier des plumes, de l'encre et du papierl... L'u autrefois, après avoir demandé à Lamarque, s'il faisait partie de sociétés secrètes, et s'il savait qu'il en ftzlAit i Condom, sur sa réponse négattre,!! eut^rineonvenancede lui dire, ce qu'on ne dit, comme nous le fait remarquer le citoyen Lamarque lui-même, qu'à des gens de la pire espèce : qu'en se faisant dénonciateur des membres de ces sociétés secrètes dont l'existence Teoait da luj (Aie il amoindrirait la gravité de sa situation I...
linliii le vingtième jour, Lamihque fut réveillé en sursaut à dix ou onze heures du soir, et enlavi de sa piiaon de Condom, sans savoir où on le conduisait, sans av^ pu obtenir d'aller emhrasser-sa famille, saBsargeot,saBS autre vêtement que ceux- qui le couvraient, et c« n'est qu'après être sorti de la ville qu'il vit qu'on le dirifraait sur Lectoure oii il arriva entre ane et deux beares du matin. Il fut conduit à la maison d'arrêt, et iaslBataiiément enfermé dans un cachot humide où ne m trMVÙeot -qu'une paillasse immonde et un baquet infect, lldeaaan debout jusqu'à dix heures du Totàin, beure & IsquaUe
M. Lacoste, soQS-préfet à Lectonre, Tint loi signifier son interuement en Algérie.
Lamarqne trouva dans la prison de Lectonre AilAs de Fleurance, et ils attendirent ensemble quatre ou ciiiq jours rarriyée de la voiture cellulaire. Ce délai, dû â uii accident arrivé à cette voiture, leur permit de faire sâvèii* à leurs familles, plongées dans la plus afifreusë dêsoIàtion, où ils étaient. Par un rafHnement de rigueur vrai* ment inexplicable, on les avait tenues à letnr égàtd danS un état d'ignorance complète.
Le lendemain de l'enlèvement clandestin dé Lamar- QUE de la prison de Gondom, lorsque sa domestique se présenta, selon son habitude, au guichet pDUr lui apporter à déjeuner, le concierge lui répondit : « que c'était inutile, que, dorénavant, c'était lui qui se chargerait de nourrir son maître ; et que la famille de celui-ci ne pourrait pins le voir, que du reste on fût sans inquiétude, qu'il se portait bien. »
Sans l'accident arrivé à la voiture cellulaire, Lamafque était expédié en Afrique sans argent, sans vêtements, sans linges de corps, et sans que sa famille sût ce qu*il était devenu.
Enfin la voilure cellnlaire arriva, Atliès et lui, y furent immédiatement encellulés. En passant dans le couloir ils avaient pu serrer les mains de leurs compagnons Arri-
VETZ, PUGENS et LaBAT.
Ils resteront cinquante-quatre heures dans ces aflireu-
ses cellules, et eocore durent-ils à la bienveillance de leur conducteur de n'y pas rester vingt-quatre heures de plus ; car celui-ci avait ordre d'aller compléter son chargement à Perpignan. Ils obtinrent de lui qu'au lieu de les conduire de Narbonne à Perpignan, et de les rameoer de Perpignan à Narbonne, il les laissât à la prison de cette dernière ville où ils purent reposer leurs membres endoldris, couchés pêle-mêle avec des repris de justice. Enfin ils arrivèrent au fort Saint-Nicolas à Marseille, où ils furent incarcérés.
Le jour, ils étaient entassés dans des cours étroites, et la nuit dans des casemates infectes et humides. La nourriture, et quelle nourriture ! leur était apportée pour dix dans des baquets comme à des chiens. Leur situation au fort Saint-Nicolas était tellement intolérable qu'ils aspiraient tous à partir, bien qu'ils ignorassent le trailemenl qui leur serait infligé enAIgérie, et que s'ils jugeaient l'avenir par le présent, ils ne dussent pas avoir grand es' poîr.
Les départs avaient lieu, comme on sait, par escouades de cinquante à soixante, tantât pour |une province, tantbl pour une autre. Afin que l'absence de la patrie et de la famille fût plus douloureuse, les transporlés de chaque département étaient divisés entre les trois provinces. An- RiYETz, Atuës etLABAT partirent les premiers pour la province d'Alger; puis Pugehs etLAHARQDS pour la province d'Oran.
Débarqués à Mers-el-Kébir, ils furent casernes aux Barraquesy où de là ils furent dirigés, Pugens et Lamarque du moins sur Tlemcen.
Un fait qui mérite d'être signalé se passa dans la transportatidn d'ÀYUÊs : Il était interné à Medéah. Ayant obtenu en septembre 1858 d'aller habiter Alger, il dut se munir d'un passe-port. Sa surprise fut grande lorsqu'il lut sur ce passe-port que pendant tout le temps de son séjour à Médéah il avait reçu des subsides en aident, vivres et vêtements : il n'avait rien reçu du touti
Le citoyen Ayliès est mort en Algérie.
C'est là qu'ils vécurent jusqu'à l'amnistie sous la loi militaire, loin de leur famille, sous un climat insalubre, au milieu de préoccupations constantes et avec le regret d'avoir perdu leur patrie.
Après leur départ, la justice gouvernementale ne se trouvant pas encore satisfaite, les citoyens Pascau, Breuils, et un ouvrier d'Auch furent arrêtés et également transportés en Afrique.