GIRONDE
Le préfet de ce département était, en 1858, M***. Il y eut quatre victimes :
Sansas, avocat à Bordeaux,
Beucft des IfniitRRs, ftDcieB magistnt, airoealà
Bordeaox. -«
KostnsKi, docteur-médecin & Bardaun. I
SAvnt, borloger i Libounte.
Le citof en Sucsis était un avocat estimé de Bordeaui. Arrêta le 3h février 18^, sur la place publique, au sortir de l'asdieDce, il fut conduit eu prison et expédia à Marseille) et de là en Afrique avec tant de rapidité, i]u'il fut obligé de recourir à l'obligeaace de ses confrères da Marseille pour se procurer quelqna urgent.
Le citoyen Bsllot des HiifiÈass était un vieillard, qui Dulrefbis avait eiBicé des fonctions élevées de l'ordre judiciaire ; il avait donné sa démission au i décembre. Il était l'oncle de l'un des vicaires généraux de l'archeviique (le Bordeaui. Il resta en prison un mois environ, et fut ensuite relâchée
Telle était la terreur qui régnait alors en France, que l'ordre des avocats de Bordeaux crut dangereux peur lai de s'occuper du sort de deux de ses membres, qui depuis longtemps avaient mérité son estime et sa considération.
Le docteur Kosinscki ne fut arrêté qu'en février 1859, et transporté en Algérie.
Nous n'avons pu nous procHrer de reoseignerneBls sur les circonstances de l'arrestatioa et de la transportation du citoyen Savin I
Hérault:
Le département de l'Hérault avait été rudement frappé au coup d'État. Veut-on pn avoir la preuve? Voici un extrait du procès-verbal de clôture de la Commission mixte :
« Extrait du procès-verbal de clôture des opérations de la Commission mixte du département de l'Hérault.
« Présents : Rostolan, général de divisioi^ Durand Saint- Amand, préfet; Çupour, premier avocat général en l'absence de M. le procureur général DESSAmun*.
« La Commission....
< Vu les procès-verbaux constatant que la Commission mixte a tenu trente et une séances, aux dates des 5, 6,
7, 10, 12, 13, 14, 17, 19, 20, SI4, 25, 27, 28 février; 1", 5,
8, 10, 12, 15, 19, 82, 26, 28, 30 mars; l»", 2, 3, 5, 7 et 10 avril.
« Vu les décisions par elle rendues jusqu'à ce jour, et qui se divisent ainsi :
!• Transportation à Cayenne 10
2*» — en Algérie. . . . • 798
A reporter 808
Btport 808
4° Renvois devant les conseils de guerre 97
b° Expulsion du territoire français 37
6° Ëloignement momentané 9
7" Internements 43
8' Mises en liberté pures et simples 5S
9" — sous la surveillance de la
haute police 337
10' Renvois es police correctionnelle Ib
Total S166
" Auquel nombre il faut ajouter 360 mises en liberté pures et simples prononcées, savoir :
Par le général de division 316 \
Par le préfet 44 )
• Ce qui élève le nombre total des décisions à. . 3023
■ Attendu que ses travaux sont terminés, déclarons que la Commission mixte de l'Hérault est dissoute et qu'elle cesse ses fonctions à partir de ce jour.
■ Montpellier, le 10 avril 1853.
■ Les trois men^res de la Commission,
Signé : Rostolam.
DuRAin) Saint-Aiund.
Dof-oim. >
Si l'on considère, nous fait remarquer un de nos amis, que chaque séance de la Commission a duré environ cinq heures, on peut retenir que chaque décision de la Commission mixte lui a coûté trois minutes de délibération I
Éyidemment un tel département ne pouvait être épargné en 1858. Le préfet était M. Gavini.
Voici les noms de quelques-unes des victimes, car nous savons qu'il y en a eu d'autres I
François Hasbon, boucher à Montpellier.
DuPT, cordonnier à Montpellier.
Baudoman,' id. à Béziers.
Vapsas, boucher à Béziers.
Salabert, boulanger.
Ces citoyens, arrêtés dans la nuit du 24 février, furent emprisonnés d'abord, puis conduits en voiture cellulaire à Marseille. Nous devons faire ici cette remarque générale : c est que le détail qui est resté le plus profondément gravé dans le souvenir de tous les transportés est précisément ce voyage en voiture cellulaire du chef-lieu de leur département à Marseille. On le reconnaît facilement à l'émotion avec laquelle ils en parlent encore dix ans après.
Nos coreligionnaires de l'Hérault furent enfermés à Marseille au fort Saint-Nicolas , et quelques jours après
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