LES AIGUILLES
Les pré-arabistes, Roger, Brunus se servaient d’une aiguille fine et carrée QC acu subtili quadrata ». Lanfranc utilisait indifféremment les carrées où les triangulaires. Guillaume préfère celte dernière forme, disant qu'elle pénètre mieux que la ronde, et après lui Guy de Chauliac, Pierre d’Argelata, Fabrice d’Aquapendente n’en emploieront pas d’autres. Ainsi que Guy les a décrites et A. Paré figurées, elles étaient droites où courbes suivant les besoins, triangulaires dans la moitié de leur longueur environ, et rondes dans la portion voisine du chas.
Actuellement on préfère en général les aiguilles rondes de couturière « qui écartent les fibres de l'intestin, disait Paré, et ne les coupent pas ». On recommande qu'elles soient creusées sur leur talon de deux gorges latérales où le fil s’efface de sorte qu'il n’accroche pas au passage.
L'idéal nous paraît être, puisque nous employons le catgut, qu'il soit embouti dans le talon de l'aiguille (comme le préparent certains fabricants) et qu'ainsi la continuité soit parfaite entre l’aiguille et le fil.
Henri de Mondeville en 1320 dans ses première et deuxième règles des sutures, recommandait de choisir les aiguilles et le fil en rapport avec les organes à unir : à organes délicats, sutures délicates. Aussi ne discuterons-nous pas l'emploi de l'aiguille de Reverdin dans la chirurgie gastro-intestinale en 1932.