‹ Les Sutures en Chirurgie DigestiveChapitre 40 sur 52 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En retraçant l’histoire des sutures gastro-intestinales, l’une des techniques les plus délicates de notre Art, nous avons essayé de saisir d’une façon plus sensible l’évolution de la chirurgie elle-même.

Il est curieux de retrouver, pratiquées de nos jours exactement suivant les mèmes rites, les sutures primitives des plus anciens textes médicaux de l'Inde, et d'opposer ainsi en ce point, la stagnation de l'Orient à la merveilleuse épopée de la chirurgie occidentale.

Nous avons vu cependant la timidité initiale de celle-ci, la prudence des Grecs devant des interventions aléatoires, les tentatives de l'Ecole d'Alexandrie, celles des Arabes, l’étonnante hardiesse du moyen âge et du xvi‘ siècle, hardiesse grandissante au fur et à mesure que l’esprit humain prenant plus nettement conscience de lui-même et de la valeur de l’expérience personnelle, s'affranchissait de sa foi aveugle et stérilisante dans les écrits du passé. Le xvn° siècle affirme cette orientation nouvelle par son goût des recueils d'observations, amassant les matériaux qui vraisemblablement ont permis l'éclat chirurgical du siècle suivant. Mais, malgré la découverte mémorable du traitement des anses herniées sphacélées par la résection intestinale, et malgré la réussite de quelques tentatives d’anastomose bout à bout dans ces cas, le xvri° siècle a senti qu'il atteignait les limites de cette chirurgie essentiellement empirique « qui ne pouvait être liée à des principes ».

On ne sait d’ailleurs ce que l’on doit le plus admirer dans cette magnifique conquête, de l’audace des chirurgiens luttant contre tant d’inconnu où de leur sagesse à évaluer leurs forces et à n’aller de l'avant que lorsque leurs précédentes victoires leur paraissaient définitivement

acquises.

Bichat découvrant la spécificité cellulaire et les lois de la cicatrisation des plaies, donnait aux sutures leurs bases scientifiques : la période des tentatives, des errements devait cesser, les procédés allaient s’effacer devant les techniques.

C'est la gloire de Jobert d’avoir tracé ses lois à la suture par adossement des séreuses et permis ainsi le développement actuel de la chirurgie gastro-intestinale. Cependant sa suture initiale devait subir de mul-

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de longue patience qui s’est poursuivie jusqu'à nos jours. Ainsi mo-

difiée, cette suture donne une sécurité remarquable, mais, en se perfec- Honnant, elle à perdu sa simplicité primitive. Chaque point faible exigeant un procédé spécial, elle a évolué vers une complexité croissante nuisible à sa bonne exécution. Cette suture, telle qu’elle est praliquée actuellement, ne respecte pas suffisamment les lissus qu'elle affronte, et ainsi la réparation sé fait dans des conditions défavorables. La cicatrice est souvent de mauvaise qualité, ce qui n'est pas indifférent pour la valeur de la guérison.

SH Anne La suture bord à bord n’a pu naître et se développer que grâce à la perfection des ressources et des conceptions chirurgicales actuelles. Son exécution qui doit être minutieuse exige en effel le calme et le temps

que seuls peuvent procurer une anesthésie et une asepsie parfaites. Par

la sécurité complète qu’elle donne, par la qualité anatomique et physio-

logique des cicatrices et par conséquent la qualité de guérisons obtenues grâce à elle, la suture par affrontement bord à bord nous paraît répondre à l'idéal d’une technique chirurgicale moderne.

) Vu: le Président de la thèse,

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