LES RUINES ROMAINES
Pr.lvc deioi non (; I.i pnlvr tua SiLTio Pellico.
^i^^u'iL est doux quand du soir, lu lumière tremblante
Verse les longs reflets de sa clarté mourante
Sur CCS murs écroulés; Ou il est doux de s'asseoir sous ces débris antiques , Abandonnant son âme aux rêves héroïques
De ces lems écoulés.
Ici , Rome a régné du haut du Capitole ,
Jetant aux Nations sa puissante parole
Elle les mit aux fers ; Puis , comme l'Océan , lançant au loin son onde De ses flots débordés envahissait le monde
Et couvrait l'Univers ,
Rien ne put contenir cette vaste puissance Et la terre plia sous cet empire immense ;
La trace de ses pas Sur ce globe vieilli semble encor imprimée, Et le bruit éclatant qu'a fait sa renommée
Dans les airs ne meurt pas.
Le siècle qui s'éteint la transmet à l'autre âge, Lui laissant ce grand nom, ainsi qu'un héritage
Par la gloire immortel.
Et partout où nos pas suivent notre pensée, Nous foulons les débris de sa grandeur passée^
Monument éternel.
Non, jamais ici-bas, la puissance de l'honiuK', D'un nom plus colossal que le grand nom de llomc
N'émerveilla les cieux ; Et l'avenir recule en contemplant sa gloire. Ne pouvant rien léguer au temple de mémoire
D'aussi prodigieux !
Soit que la république, en merveilles féconde, Par un sublime instinct envahisse le monde
Dans son vol triomphal ; Soit que César vainqueur, éclatant de prestiges. Fasse de l'univers, muet à ses prodiges,
Son disque impérial ;
Toujours, c'est toujours Rome, immense et colossale Agitant sur son front la palme triomphale.
Reine des temps passés !
Ta gloire encor debout couronne tes ruines Et par ton nom pompeux, tu surgis cl domines
Les siècles effacés î
Le tcnis balaya sa puissance , Et d'un souffle toujours vainqueur, Effaça cet empire immense.
Mais des débris de sa splendeur La terre partout est semée ; Et sur la cendre inanimée, Qu'ici même foulent mes pas, Je Iieurle un vestige de gloire ; Le globe est son livre d'histoire Que le lems ne détruira pas.
Maintenant elle dort ; gissant sur sa poussière ; Dans un vaste cercueil se plongea Rome entière.
Son aigle audacieux , Dont la serre étrcignait la terre palpitante, Laissa tomber la foudre, et son aile impuissante
jN envahi I pins les cieu\.
Eclio de sa splendeur, la lyre du poète Evoquant son grand nom, sur sa cendre muette
Jette un funèbre accord ; Aucun cri ne repond à cette voix plaintive, Et l'ombre du passé s'enveloppe craintive
Dans son linceul de mort !!....
il Août tSôG.