L'ESPAGNOLE
SOUVENIR
N'ffsun in;ij;gior dolorc
i;iie ricordaisi del tempo felice
tllu luUeria
Dam..
Pous quel ciel traînes - tu ta languissante vie ? Vers quels lointains pays as -tu tourné tes pas?
Où brilles -tu jeune îMarle, Tendre fleur, qui naguère embaumais nos climats?
Oh ! dis -moi, le chagrin t'opprime- 1- il sans cesse? Toujours tes longs yeux noirs sont-ils voiles Je pleurs ?
Laisse- tu s'enfuir la jeunesse, Sans qu'un sourire ami comprenne tes douleurs ?
Comme autrefois encor et craintive et souffrante , Morne et te recueillant dans un seul souvenir,
Inclinant ta tête charmante , Parfois sous tes pensers te voit -on tressaillir? . .
Oh ! de ce souvenir dont ton ame est troublée Tes pleurs m'ont révélé le mystère fatal.
Et tu gémis, pauvre exilée, Sensilivc arrachée à son pays natal !
L'arrêt qui frappa ta famille A flétri l'espoir dans ton cœur ; Frêle et timide jeune fille , Tu vis s'envoler le bonheur !
Ilélas, sur la rive étrangère, Proscrite pour suivre ton père Dont tu guides les pas tremblants ; Quand tu presses sa main chérie ; Pourquoi, pleurer, pauvre Marie, Toi, le charme de ses vieux ans?
C'est cpiil est dans ton ame, un secret plein de larmes, Et que sur d'autres bords a palpité ton cœur;
Quand l'espérance par ses charmes Rosait ton avenir de longs jours de bonheur.
Peut-être, rêves -tu le jeune homme au cœur tendre, Dont la voix te plongeait en des pensers d'amour ?
Et tremblante, crois -tu l'entendre Glisser à. tes cotés au déclin dun beau jour!
Regrettes -tu ('adiv el ses fêles bruyantes,
Son léger fandango , ses chants et ses concerts ?
Puis sur les va£ïues ccumanles La sérénade au loin résonnant sur les mers ?
Sous le ciel brumeux de la France, Le souffle glacé du malheur A fané la jeune existence , Trop frêle devant la douleur :
Il faut pour ranimer ta vie, 1/ardent soleil de l'Ibérie , Un sol brûlant et chaleureux, Et que des parfums de patrie, Le vent natal, douce îMarie, Vienne embaumer tes noirs cheveux.
Au sein de nos cités, pensive et solitaire, Répondant à nos chants par de profonds soupirs ,
Hélas, jamais jeune étrangère.
Tu ne vins partager nos folâtres plaisirs.
Rêveuse sur sa mandoline , Elle laissiiit errer sa main , Et sous sa pensée elle incline Un front soucieux et chagrin ; Alors que sa voix si touchante , Echo de son anie innocente.
Chantait les airs de son pays , Assise aux genoux de son père Cherchant à calmer sa misère Elle oubliait ses lonffs ennuis.
Aloj's, que le malheur la parait de ses charmes, On eût dit, à la voir, que s'cchappanl des cieux
Pour venir essuyer nos larmes, L'Ange de l'espérance était devant nos yeux.
Sa touchante pâleur, rembellissail encore,
Et les pleurs allaient bien à ses regards si doux ,
Et du chagrin qui la dévore Il semblait que sou cœur l'ut lui-même jaloux.
Mais par Torage cncor, sur tl autres bords kncéc Appui de son vieux père , elle a suivi ses pas
Et j)ar la tempiHe bercée , IN'iniporte, rien n'a pu Tarraelier de ses bras.
Dis-moi quel bord a-t-il recueilli ta misère V Sur quel sol tes vertus te font -elles chérir'*'
Où consoles -tu Ion vieux père?
Répond? sur quelle terre, hélas, veux -tu mourir!
Reconnais - tu la voix amie , Qui le jette ces longs adieux?
Hélas, hélas, pauvre Marie Peut-être m'entends -tu des cieux !
Croise sur moi tes blanches ailes.
Entends des voûtes éternelles Vers toi monter mon dernier vœu :
Bel Ange qui sais que l'on pleure Appelle - moi vers ta demeure !
Oh ! Marie , cncor un adieu ! I . , ,
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