‹ Les SylphidesChapitre 9 sur 31 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

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^ EL , la Pytliie en proie au dieu qui la tourmente , L'œil hagard , le front paie et la bouche écumante , S'agite, se démène et sent brûler son cœur D'une invincible ardeu-r :

Tel , inspiré , vaincu , dompté par le Génie , Suivant des immortels l'impérieuse loi , Et cédant au besoin qui s'emparait de toi , De ta bouche à longs flots s'écoulait Tharmonie ;

Je voyais se gonfler ton sein , Ton front qui rougissait et pâlissait soudain , Tout ton être frémir d'une lièvre brûlante,

Par ta pensée ardente

Tu semblais transporté ; Tes yeux brillaient de gloire et d'immortalité ,

Et répandant le feu qui te dévore Déjà j'entends ta voix sonore ,

Préluder à de doux concerts

Et jaillir en torrents de vers.

Mais arrête l'essor d'une fougue insensée !

La gloire hélas, s'acquiert aux dépends du bonheur;

Et les élans de ta pensée

Finiront par briser ton cœur.

Mallicurctix ! sur tuii front Dieu mit luic couronne

Qui brûle lentement.

Comme la lave qui bouillonne.

Et qui brille en se consumant ,

Le Génie use sa victime ; Pour l ame d'un mortel , c'est un don tro[) sublime ! !

Luttant contre l'adversité, Incompris par son siècle il traverse la vie Sevré des biens riants que sa jeunesse envie

Et dont son cœur a palpité ;

Sans faire balte sur la terre

Il vole ù l'immortalité ;

^lais dans sa course passagère

Il n'a connu (jue le malbeur ; Il a vu se ternir les fraicbes espérances

Ecloses dans son cœur ; Ses jours sont abrégés par de longues souiïraiices;

Et son cri de douleur Expire sans écho dans la foule bruyante ,

Qui passe indifférente

Et ne l'aperçoit pas.

L'insulte et le mépris sont semés sous ses pas ,

Et dévoré par l'ardeur qui l'enflamme Il exhale sa vie en sublimes transports :

Car chaque douleur, à cette ame

Arracha de divins accords ;

Et méconnu par le vulgaire Il fléchit sous le poids de sa longue misère : Le poète , semblable à l'aigle audacieux , Déploie un vol immense et plane au haut des cieux ,

Dans sa course atteint par la foudre ,

Mourant il tombe sur la poudre , Et les reptiles vils , qu'il n'apercevoit pas Insultent par leurs cris à son noble trépas.

18 Mai 1837.

ROMANCE

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