DITHYRAMBE
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^ EL , la Pytliie en proie au dieu qui la tourmente , L'œil hagard , le front paie et la bouche écumante , S'agite, se démène et sent brûler son cœur D'une invincible ardeu-r :
Tel , inspiré , vaincu , dompté par le Génie , Suivant des immortels l'impérieuse loi , Et cédant au besoin qui s'emparait de toi , De ta bouche à longs flots s'écoulait Tharmonie ;
Je voyais se gonfler ton sein , Ton front qui rougissait et pâlissait soudain , Tout ton être frémir d'une lièvre brûlante,
Par ta pensée ardente
Tu semblais transporté ; Tes yeux brillaient de gloire et d'immortalité ,
Et répandant le feu qui te dévore Déjà j'entends ta voix sonore ,
Préluder à de doux concerts
Et jaillir en torrents de vers.
Mais arrête l'essor d'une fougue insensée !
La gloire hélas, s'acquiert aux dépends du bonheur;
Et les élans de ta pensée
Finiront par briser ton cœur.
Mallicurctix ! sur tuii front Dieu mit luic couronne
Qui brûle lentement.
Comme la lave qui bouillonne.
Et qui brille en se consumant ,
Le Génie use sa victime ; Pour l ame d'un mortel , c'est un don tro[) sublime ! !
Luttant contre l'adversité, Incompris par son siècle il traverse la vie Sevré des biens riants que sa jeunesse envie
Et dont son cœur a palpité ;
Sans faire balte sur la terre
Il vole ù l'immortalité ;
^lais dans sa course passagère
Il n'a connu (jue le malbeur ; Il a vu se ternir les fraicbes espérances
Ecloses dans son cœur ; Ses jours sont abrégés par de longues souiïraiices;
Et son cri de douleur Expire sans écho dans la foule bruyante ,
Qui passe indifférente
Et ne l'aperçoit pas.
L'insulte et le mépris sont semés sous ses pas ,
Et dévoré par l'ardeur qui l'enflamme Il exhale sa vie en sublimes transports :
Car chaque douleur, à cette ame
Arracha de divins accords ;
Et méconnu par le vulgaire Il fléchit sous le poids de sa longue misère : Le poète , semblable à l'aigle audacieux , Déploie un vol immense et plane au haut des cieux ,
Dans sa course atteint par la foudre ,
Mourant il tombe sur la poudre , Et les reptiles vils , qu'il n'apercevoit pas Insultent par leurs cris à son noble trépas.
18 Mai 1837.
ROMANCE
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