‹ Les Symboles des Egyptiens comparés à ceux des HebreuxChapitre 41 sur 66 · ROSÉE · texte numérisé non relu

ROSÉE

Les Égyptiens représentaient l’enseignement ou l’instruction , xatSeia, par la rosée tombant du ciel. (Horap. I. 37.)

En hébreu (TP ire signifie jeter des gouttes d’eau , arroser et enseigner, instruire. (Gesenius.)

De même miD mure signifie un docteur, un professeur, et la première pluie, qui, en Palestine, tombedepuis le milieu d’octobrejusqu’au milieu de décembre, et prépare la terre à recevoir la semence. ( Gesenius , verbo îTTP.)

On comprend le rapport symbolique de l’ instruction qui prépare l’homme à la vie intellectuelle, et de la première pluie qui prépare la germination des plantes.

Le mot EfipbD mlqusch désigne la pluie du printemps , qui , en Palestine , tombe avant la moisson ,

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aux mois de mars et d’avril; Job assimile à cette pluie le discours plein d’éloquence et de bons fruits (Job, XXIX, 23).

Le signe que nous donnons ici est l’abrégé de la scène qui représente le baptême égyptien, ou Tépanchement de la rosée céleste sur la tête du néophyte.

La vignette en tête de cet ouvrage figure ce baptême, d’après un dessin des Monuments de l'Égypte et de la Nubie de M. Champollion (tom. I, pl. xui).

Horus et Thoth-Lunus versent sur la tête du néophyte les eaux, qui se transforment en vie divine (la croix ansée), et en pureté (le sceptre à tête de coucoupha) (1).

La légende qui accompagne celle scène , et dont tous les éléments sont connus, doit, je crois, se traduire ainsi :

Voici ce qui est dit : Horus, fils d'isis, baptise d'eau et de feu (bis), Horus baptise d’eau et de feu [bis); discours prononcé quatre fois.

(1) La signification de la croix ansée est reconnue par tous les égyptologues ; quant à celle du sceptre à tête de coucoupha , M. Champollion lui donne un sens un peu différent de celui d’Horapollon, celui de pureté, au lieu de piété (Grainm. égypt. p. 290, il 2, 449, or pur, 90). Nous avons vu que Veau était le symbole de la pureté. ..

La même légende est répétée pour Thoth-Lunus, avec un simple changement de nom.

Ce monument nous apprend les paroles que les prêtres prononçaient pendant la cérémonie. Celui qui rlprésentait llorus disait deux fois : Horus , fils d’Isis , baptise d’eau et de feu ; puis deux fois : Horus baptise d’eau et de feu; il répétait ces mêmes paroles quatre fois.

Tboth-Lunus prononçait le même nombre de fois les mêmes phrases, en substituant seulement ses titres à ceux d’Horus.

Ainsi les mots baptême d’eau et de feu étaient répétés seize fois par chaque initiateur; en somme trente-deux fois. Ces nombres avaient une signification qu’Horapollon nous a conservée : seize symbolisait le plaisir, l’amour ; et deux fois seize le mariage, ou conjonction qui résulte d’un amour réciproque. Il est difficile de ne pas voir qu’il s’agit ici du mariage entre les deux principes représentés par le soleil et la lune , ou Horus et Thoth-Lunus , et dont nous parlerons dans le dernier article de cet ouvrage (1).

(1) Cfr. Horapollon, I, 35. Voyez, pour le sens du mot que nous traduisons par baptiser, la Gramm. égypt. p. 376 et 360 ; et pour celui du groupe que nous lisons bis, voyez Champollion, Lettres écrites d’Égypte et de Nubie, p. 196 et 146,pl. vt.

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Le baptême d’eau et de feu , désigné sur la lé-

gende par le caractère Xk que M. Leemans a expliqué dans ses Annotations sur Horapollon (p.261 et pl. xlix) , s'identifie dans sa forme extérieure avec le baptême d’eau, d’esprit et de feu de l’Évangile (Luc. III , 16, 1 7). Nous retrouvons également le baptême de feu et d’esprit dans le signe de la rosée, copié sur l’alphabet de M. Champollion (Gramm. égypt.), et qui représente trois séries de triangles ou pyramides , symboles du feu et de la lumière (1 ).

Le nom que recevait le baptisé ou l 'oint était celui que la Bible donne au chef des Hébreux, Moïse ce nom existe sur les monuments égyptiens , il est écrit par le signe de la rosée ou du baptême, qui vaut

D, et la tige recourbée qui vaut W; le groupe * m en hébreu WD ou ïïWD est traduit par engendré dans la Grammaire de M. Ghampollion (p. 133); nous lui donnons celui de régénéré ou engendré de nouveau, en nous appuyant sur la longue série de noms

(1 ) Cfr. un monument du Panthéon égyptien de M. Champollion (planche xv, A), où ces triangles sont peints en rouge et en jaune , couleurs consacrées au feu et à la lumière. Voyez également la note de Leemans sur Horapollon, p. 248.

propres dans lesquels entrent les noms des dieux suivis de ce groupe. Ainsi Thoutmos, Amenmos, Harmos, Phtahmos désignaient les régénérés par Thoth, par Amon, par Horus ou par Phtah.

D’après la Bible, le nom de Moïse était égyptien et signiiiait sauvé de l’eau ou sauvé par l’eau : Nlpm VTTWD mSTTJD 'O 1DBJTI TWÎ2 TUT (Exode, II, 1 0).

En hébreu Moïse , TWD msche , signifie sauvé , et nttfD mscqhe est le verbe oindre et consacrer; ainsi le nom égyptien donné à Moïse désignait le sauvé par l’onction ou le baptême. Ce baptême, il le reçut dès son berceau et dans sa virilité, puisque, d’après les Actes des Apôtres et Philon , il fut initié dans toute la sagesse des Égyptiens (1).

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